Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2400475
mardi 26 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400475 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mars 2024, M. C A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne a mis en demeure les occupants sans droit ni titre de l'aire d'accueil de la commune de Saint-Priest-Taurion de quitter les lieux dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification de cet arrêté ;
2°) de les autoriser à demeurer sur les lieux jusqu'à l'ouverture de l'aire de grand passage de la commune de Panazol au mois de mai.
Il soutient que les personnes intéressées se trouvent dans l'impossibilité de quitter immédiatement l'aire en cause compte tenu de la scolarisation de leurs enfants dans la commune voisine et de leur suivi médical par le centre hospitalier universitaire de Limoges.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 779-1 du code de justice administrative : " Les requêtes dirigées contre les décisions de mise en demeure de quitter les lieux mentionnées au II bis de l'article 9 de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage sont présentées, instruites et jugées selon les dispositions du présent code applicables aux requêtes en annulation, sous réserve des dispositions du présent chapitre ". Aux termes de l'article R. 779-2 du même code : " Les requêtes sont présentées dans le délai d'exécution fixé par la décision de mise en demeure () ". Enfin, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".
2. D'une part, il ressort des termes de la requête que l'arrêté de mise en demeure de quitter les lieux, qui mentionne les voies et délais de recours ouverts à son encontre et fixe un délai d'exécution de vingt-quatre heures, a été notifié aux occupants de l'aire en cause le mercredi 20 mars 2024 à 10h00. En application des dispositions précitées, le délai de recours prévu à l'article R. 779-2 du code de justice administrative, qui n'est pas un délai franc, courait ainsi jusqu'au jeudi 21 mars 2024 à 10h00. La requête présentée par M. A, qui n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le vendredi 22 mars 2024, est donc tardive.
3. D'autre part, il n'appartient pas au juge administratif, saisi sur le fondement des dispositions précitées de la loi du 5 juillet 2000, d'accorder aux occupants un délai pour évacuer le terrain sur lequel ils stationnent illicitement.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. A ne peut qu'être rejetée comme irrecevable en application des dispositions précitées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A. Une copie en sera adressée, pour information, au préfet de la Haute-Vienne.
Fait à Limoges, le 26 mars 2024
Le président,
D. ARTUS
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour Le Greffier en Chef,
La Greffière
M. B
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