Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2400579
mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400579 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JUGE UNIQUE D JOSSERAND-JAILLET |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées les 5, 19 et 29 avril 2024, Mme B A, épouse D, représentée par Me Roux, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions en date du 26 janvier 2024 par lesquelles le préfet de la Haute-Vienne lui a refusé le séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de renvoi, et de constater son droit à se maintenir sur le territoire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation, le cas échéant, à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
S'agissant du refus de séjour :
- le refus de séjour procède d'un défaut d'examen sérieux de sa demande ;
- il est intervenu en violation des articles L. 233-1 et L. 233-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'erreur de droit et de fait ;
- il méconnaît son droit à une vie privée et familiale et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle remplit les conditions pour obtenir un titre de séjour en application de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- ce refus est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de destination :
- l'obligation de quitter le territoire et la décision fixant le pays de destination sont illégales en conséquence de l'illégalité du refus de séjour ;
- ces décisions ne procèdent pas d'un examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont intervenues en violation de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des articles 27 et 28 de la directive 2004/38 du 29 avril 2004 ;
- ces décisions méconnaissent son droit à une vie privée et familiale et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 avril 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 15 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relative au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres ;
- la Constitution du 4 octobre 1958 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 10 mai 2022 par lequel M. Daniel Josserand-Jaillet, président honoraire du corps des magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, a été inscrit sur la liste des magistrats honoraires prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
M. Daniel Josserand-Jaillet, président de tribunal administratif honoraire, a été désigné par le président du tribunal pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1 et R. 776-13-1 à R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. E a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1.Mme B A, ressortissante bulgare née le 13 décembre 1972 à Ruse, est, selon ses déclarations, entrée le 26 juillet 2017 en France accompagnée de son époux, et compatriote, dans le but d'une prise en charge médicale de celui-ci. Son époux est décédé le 6 septembre 2018. Mme A s'est maintenue sur le territoire, suivant des formations professionnelles notamment, et s'est remariée, après une période de concubinage depuis décembre 2020, le 28 avril 2023 avec un ressortissant géorgien. Celui-ci a sollicité un titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante de l'Union européenne, circonstance qui a donné lieu à un examen du droit au séjour de Mme A. Après avoir invité, le 3 janvier 2024, Mme A à présenter ses observations, le préfet de la Haute-Vienne, qui a pris à la même date les mêmes mesures à l'encontre de son époux, par un arrêté du 26 janvier 2024, lui a refusé le séjour, l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination. Mme A demande l'annulation, d'une part, du refus de séjour, d'autre part, de l'obligation de quitter le territoire et de la décision fixant le pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le refus de séjour :
2.En premier lieu, il ne ressort pas de la motivation, abondante tant en droit qu'en fait, de l'arrêté en litige, dont aucune disposition législative ou réglementaire n'impose qu'elle retrace de manière exhaustive l'ensemble des circonstances propres à la situation de l'intéressée, ni des autres pièces du dossier, que le préfet de la Haute-Vienne n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle et familiale de Mme A.
3.En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; / 3° Ils sont inscrits dans un établissement fonctionnant conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur pour y suivre à titre principal des études ou, dans ce cadre, une formation professionnelle, et garantissent disposer d'une assurance maladie ainsi que de ressources suffisantes pour eux et pour leurs conjoints ou descendants directs à charge qui les accompagnent ou les rejoignent, afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale ; / 4° Ils sont membres de famille accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées aux 1° ou 2° ; / 5° Ils sont le conjoint ou le descendant direct à charge accompagnant ou rejoignant un citoyen de l'Union européenne qui satisfait aux conditions énoncées au 3°. ".
4.Les conditions fixées au 1° et au 2° de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont alternatives et non cumulatives. En application de ces dispositions, un citoyen de l'Union européenne bénéficie du droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois, notamment, s'il y exerce une activité professionnelle. Par ailleurs, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que doit être considéré comme " travailleur " au sens des dispositions précitées tout citoyen de l'Union qui exerce des activités réelles et effectives, à l'exclusion d'activités tellement réduites qu'elles se présentent comme purement marginales et accessoires. La relation de travail est caractérisée par la circonstance qu'une personne accomplit pendant un certain temps, en faveur d'une autre et sous la direction de celle-ci, des prestations en contrepartie desquelles elle touche une rémunération. Ni la nature juridique particulière de la relation d'emploi au regard du droit national, ni la productivité plus ou moins élevée de l'intéressé, ni l'origine des ressources pour la rémunération, ni encore le niveau limité de cette dernière ne peuvent avoir de conséquences quelconques sur la qualité de travailleur.
5.Pour prendre la décision en litige, le préfet de la Haute-Vienne a estimé que Mme A n'apportait pas la preuve, pour elle et son conjoint, de ressources suffisantes pour ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale.
6.Il ressort des pièces du dossier que Mme A a suivi, du 18 février 2019 au 17 mai 2019, une formation professionnelle rémunérée de préqualification bâtiment correspondant au métier de peintre en bâtiment qu'elle exerçait dans son pays d'origine, avant de travailler auprès d'une association en qualité de maçon dans le cadre d'un contrat à durée déterminée du 1er août 2019 jusqu'à fin novembre 2019. Après un travail saisonnier en avril 2020, elle a suivi une formation du 5 octobre 2020 au 8 janvier 2021, puis a effectué un intérim de six semaines dans son métier d'origine à compter du 4 octobre 2021. A l'issue d'une nouvelle formation, débutée le 7 février 2022, elle a obtenu le diplôme français de peintre en bâtiment, sa qualification d'origine. Atteinte, selon le certificat médical produit par l'intéressée qui a ainsi levé le secret médical, d'une gonarthrose, et estimée pour cette affection inapte à ce métier par son médecin traitant aux termes d'un certificat médical du 4 mars 2023, elle a été reconnue travailleur handicapé à un taux inférieur à 50%, pour des difficultés ayant sur son autonomie sociale et professionnelle une incidence " légère à modérée ", par une décision de la Maison départementale des personnes handicapées de la Haute-Vienne du 14 décembre 2023 mais a été déboutée de sa demande d'allocation aux adultes handicapés. Après un stage, rémunéré, de français du 13 novembre 2023 au 9 février 2024, elle a intégré, à compter du 25 mars 2024, postérieurement au refus de séjour en litige, une formation rémunérée, à hauteur de 897,60 euros mensuels, prise en charge par la région Nouvelle-Aquitaine jusqu'au 6 septembre 2024. Le cursus de formation suivi par Mme A, sans lui avoir permis d'obtenir une qualification professionnelle autre que celle qu'elle avait à son arrivée en France, relève d'un accompagnement à la recherche d'emploi qui n'avait pas débouché sur une activité professionnelle rémunératrice à la date des décisions en litige et qui, à la date du présent jugement en tout état de cause n'ouvre pas sur une perspective d'emploi à court terme, la requérante étant par ailleurs, selon ses propres déclarations, restreinte dans l'exercice du métier dont elle possède la qualification par son handicap reconnu. Les ressources provenant des formations suivies par Mme A ne sauraient, par nature, être assimilées à des revenus professionnels. Mme A n'établit dès lors pas exercer, ni même être en capacité d'exercer à courte échéance, une activité professionnelle réelle et effective. Dans ces conditions, Mme A ne peut être regardée comme exerçant, en France, une activité professionnelle au sens du 1° de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'autre part, nonobstant la couverture sociale dont elle et son conjoint peuvent bénéficier et qui ne saurait en tout état de cause être prise en compte dans les ressources du foyer, il résulte de ce qui vient d'être dit que ce dernier ne justifie pas de ressources suffisantes pour ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale au sens du 2° de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'erreur de fait, de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.
7.En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Ces stipulations ne sauraient, en tout état de cause, s'interpréter comme comportant pour un Etat l'obligation générale de respecter le choix, par un demandeur de titre de séjour, d'y établir sa résidence privée et de permettre son installation ou le regroupement de sa famille sur son territoire. En outre, il appartient à l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France, tel qu'il ressort de ces mêmes stipulations, de celles de l'article 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne, laquelle prévoit également que : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de ses communications " ou tel qu'il découle de la Constitution du 4 octobre 1958, d'apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a, le cas échéant, conservés dans son pays d'origine. Par ailleurs, l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
8.Mme A, ressortissante de Bulgarie, pays de l'Union européenne, est entrée, selon ses déclarations, sur le territoire français en 2017, à l'âge de quarante-quatre ans. Elle fait valoir, à l'appui de sa requête, la présence de son époux, ressortissant géorgien, en France, ainsi que celle de sa fille majeure étudiante et l'entretien de la mémoire de son premier époux inhumé sur le territoire. Toutefois, dès lors qu'il n'est notamment fait état d'aucun obstacle à ce que sa vie privée et familiale avec son époux, dont la demande de titre de séjour a également été rejetée, se poursuive dans l'un ou l'autre des pays dont ils ont la nationalité, et eu égard à la précarité de la situation matérielle du foyer alimentée par la seule rémunération des formations qu'elle suit et abondée par des aides, elle n'apporte pas d'éléments suffisants permettant de démontrer l'existence d'une insertion particulière dans la société française. Si elle soutient qu'elle est dépourvue d'attaches dans son pays d'origine, où elle a cependant vécu jusqu'à son arrivée en France et y a ainsi nécessairement tissé des liens, elle n'apporte aucun élément permettant de corroborer ses allégations. Enfin, la seule circonstance que sa fille, majeure et autonome, séjourne en qualité d'étudiante en France ne lui ouvre pas un droit personnel à se maintenir sur le territoire, sans que la mesure en litige fasse par ailleurs obstacle à l'entretien de la sépulture de son premier époux. Par suite, le moyen tiré d'une atteinte à son droit à une vie privée et familiale normale, qui doit être regardé comme tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté. Par les mêmes motifs, le préfet de la Haute-Vienne n'a pas entaché la décision en litige d'une erreur manifeste dans son appréciation de la situation personnelle, à cet égard, de Mme A.
9.Il résulte de e qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation du refus de séjour que lui a opposé le préfet de la Haute-Vienne par l'arrêté du 26 janvier 2024 en litige.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire et la décision fixant le pays de destination :
10.Il résulte de ce qui vient d'être dit que Mme A ne peut exciper de l'illégalité du refus de séjour à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire et la décision fixant le pays de destination.
11.En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit au point 2 du présent jugement, l'arrêté en litige, sans qu'il y ait lieu sur ce point à distinguer entre les différentes décisions qu'il comporte, énonce clairement, et en l'espèce abondamment, les considérations de droit et de fait relatives à la situation personnelle de Mme A sur lesquelles il se fonde, dans une mesure suffisante pour permettre à son destinataire d'en connaître et discuter utilement les motifs, et pour mettre le juge de l'excès de pouvoir en mesure d'exercer son office en pleine connaissance de cause. Cette décision, dont aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à l'administration qu'elle devrait reprendre de manière exhaustive tous les éléments de la situation de fait de l'intéressée, est, dès lors, suffisamment motivée notamment au regard des exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et, en tout état de cause, de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les moyens tirés d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen particulier de sa situation, celui-ci déduit du premier, manquent dès lors en fait et doivent être écartés.
12.En troisième lieu, aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : / 1° Ils ne justifient plus d'aucun droit au séjour tel que prévu par les articles L. 232-1, L. 233-1, L. 233-2 ou L. 233-3 ".
13.Les dispositions de l'article L. 233-1, précitées au point 3, et de l'article R. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, transposent en droit interne les stipulations de la directive du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 relative au droit des citoyens de l'Union et des membres de leurs familles de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres.
14.Ainsi qu'il a été dit précédemment, Mme A ne justifie pas de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale et elle ne bénéficie ainsi d'aucun droit au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 251-1 précité et de la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 doit être écarté.
15.Enfin, par les mêmes motifs que ceux exposés aux points 7 et 8 du présent jugement s'agissant du refus de séjour en litige, les moyens tirés de l'atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de Mme A, de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle de l'intéressée et sur les conséquences des décisions en litige sur cette dernière doivent être écartés.
Sur les conclusions de la requête tendant au constat du droit de Mme A à son maintien sur le territoire :
16.Les conclusions de la requête de Mme A tendant à ce que le juge de l'excès de pouvoir constate son droit au maintien sur le territoire ne sont pas dirigées contre une décision, non plus, au demeurant, qu'elles constituent une demande de condamnation de l'administration à lui verser une somme d'argent. Il n'appartient pas, par ailleurs, au juge de prononcer une injonction à l'encontre de l'administration en dehors du champ d'application des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative. Les conclusions de la requête tendant au constat du droit de Mme A à son maintien sur le territoire français sont dès lors irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
17.Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse une somme au conseil de Mme A au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme A est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de la Haute-Vienne.
Copie en sera adressée pour information à Me Roux.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.
Le magistrat désigné,
D. E
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne
au Préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour La greffière en Chef
La greffière,
M. C
mf