Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2400777

jeudi 2 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2400777
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 avril 2024, M. B A, représenté par Me Karakus, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile et de lui remettre une attestation de demande d'asile ainsi que le formulaire de cette demande afin qu'il puisse l'introduire auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors que le refus d'enregistrement arbitraire et illégal de sa demande d'asile l'empêche de saisir l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, le prive de la possibilité de bénéficier des conditions matérielles d'accueil et l'expose au risque d'être transféré à tout moment ;

- le préfet a porté à son droit d'asile une atteinte grave et manifestement illégale en le privant de son droit de former une demande d'asile en raison d'une impossibilité de relever ses empreintes alors que celle-ci est médicalement justifiée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Nicolas Normand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de son article L. 522-1 : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. En se bornant à produire une copie des échanges intervenus entre son conseil et la structure de premier accueil pour demandeurs d'asile au cours du mois de juin 2023, ainsi qu'une convocation établie par cette association en vue d'un rendez-vous fixé le 13 juillet 2023 avec les services de la préfecture de la Haute-Vienne, et à faire état de l'annulation de ce rendez-vous, le requérant, qui, au demeurant, n'apporte aucune précision quant au motif de cette annulation, n'établit pas qu'une décision de refus d'enregistrement de sa demande d'asile lui aurait été opposée par le préfet de la Haute-Vienne.

3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A doivent être rejetées par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, ainsi, par voie de conséquence, que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Limoges, le 2 mai 2024.

Le juge des référés,

N. NORMAND

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Le Greffier en Chef,

A. BLANCHON

No 2400777

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