Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2400832
jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400832 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 mai 2024, M. A C demande au juge des référés :
1°) d'annuler le compte-rendu n°2 du conseil d'école de l'année 2023-2024 ;
2°) d'enjoindre à la directrice de l'école élémentaire Michel Siriez d'Objat de respecter la décision du vote du conseil de l'école d'octobre 2023 ;
3°) d'enjoindre à la directrice de l'école élémentaire Michel Siriez d'Objat de respecter le code de l'éducation en tous ses articles ;
4°) d'enjoindre à la directrice de l'école élémentaire Michel Siriez d'Objat de convoquer à nouveau une réunion du conseil de l'école dans un délai de 15 jours à compter de la notification de cette ordonnance, afin de reprendre tous les points et les questions des élus des représentants des parents d'élèves ;
5°) d'enjoindre à la directrice de l'école élémentaire Michel Siriez d'Objat de ne plus inviter de personne extérieure à la composition du conseil de l'école ;
6°) d'enjoindre à la directrice de l'école élémentaire Michel Siriez d'Objat de contacter les trois évaluateurs afin que les représentants élus absents à la réunion du 2 mai 2024 puissent s'entretenir avec eux ;
7°) de mettre à la charge du ministère de l'éducation, du rectorat de Limoges ou de l'inspection académique de la Corrèze les frais de l'instance.
Il soutient que :
la composition du conseil de l'école indiquée sur le procès-verbal de la réunion du 21 mars 2024 était erronée portant ainsi atteinte aux résultats des élections des représentants d'élèves et à l'article D. 411-7 du code de l'éducation ;
le fait d'avoir déplacé la réunion du 26 mars 2024 au 21 mars 2024 a privé les représentants des parents d'élèves de la possibilité de fournir des observations lors de l'évaluation de l'école élémentaire Michel Siriez d'Objat.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de son article L. 522-1 : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Pour justifier l'intervention du juge des référés sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, le requérant doit établir qu'une urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures. La seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence particulière justifiant l'intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par ces dispositions. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments concrets et personnalisés que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière requise par l'article L. 521-2 est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration, de sorte qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
3. En l'espèce, si M. C soutient, d'une part, que le changement de date de la réunion du conseil de l'école du 26 mars 2024 au 21 mars 2024 a privé les représentants des parents d'élèves de la possibilité de fournir des observations aux évaluateurs de l'établissement et, d'autre part, que la composition du conseil de l'école indiquée sur le procès-verbal de la réunion du 21 mars 2024 est erronée portant ainsi atteinte à la sincérité de l'élection des représentants des parents d'élèves de l'année scolaire 2023-2024, ces éléments ne sont pas de nature à établir l'existence d'une situation d'urgence telle que l'intervention du juge des référés serait rendue nécessaire dans le très bref délai prévu par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doivent être rejetées en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.
Fait à Limoges, le 16 mai 2024.
Le juge des référés,
D. B
La République mande et ordonne
au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La greffière en Chef,
A. BLANCHON
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