Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2400891

mardi 25 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2400891
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJUGE UNIQUE D JOSSERAND-JAILLET
Avocat requérantD'ALLIVY KELLY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 mai 2024, et des mémoires complémentaires enregistrés les 22 mai et 18 juin 2024, M. C E, représenté par Me d'Allivy Kelly, a demandé au tribunal administratif d'Orléans :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 19 mai 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prolongé d'un an l'interdiction de retour sur le territoire français du 16 novembre 2021 elle-même prolongée par un arrêté du 8 avril 2023 ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de réexaminer sa situation en vue de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sans délai, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros TTC à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de sa renonciation, le cas échéant, à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle ou à lui verser en cas de non-admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- le signataire des décisions en litige ne justifie pas de sa compétence ;

- ces décisions sont insuffisamment motivées ; cette insuffisance révèle, par l'omission de l'indication de tentatives de régularisation antérieures, un défaut d'examen sérieux de sa situation caractérisée par la réalité de sa vie privée et familiale ;

- ces mesures sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ; elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 423-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en portant une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale normale ;

- la décision refusant un délai de départ volontaire et la décision fixant le pays de destination sont illégales en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire qui les fonde ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision refusant un délai de départ volontaire ;

Par une ordonnance du 23 mai 2024, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif d'Orléans a transmis, en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative, la requête de M. E au tribunal administratif de Limoges.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Constitution du 4 octobre 1958 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 10 mai 2022 par lequel M. Daniel Josserand-Jaillet, président honoraire du corps des magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, a été inscrit sur la liste des magistrats honoraires prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.

M. Daniel Josserand-Jaillet, président de tribunal administratif honoraire, a été désigné par le président du tribunal pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1 et R. 776-13-1 à R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. F ;

- et les observations de Me d'Allivy Kelly, représentant M. E.

Considérant ce qui suit :

1. M. C E, ressortissant comorien né le 19 mai 2000 à Hombo, est, selon ses déclarations, entré irrégulièrement en 2016, à l'âge de seize ans, en France avec sa mère. S'étant maintenu depuis son arrivée sur le territoire français en situation irrégulière, en méconnaissance de deux mesures d'éloignement prises à son encontre par le préfet de la Corrèze le 16 novembre 2021 et la préfète de la Haute-Vienne le 8 avril 2023, M. E, condamné à quatre reprises depuis 2018 à des peines d'emprisonnement, notamment pour des vols et des dégradations, mis en cause dans plusieurs autres infractions, a été interpellé le 19 mai 2024 pour des dégradations de véhicules à Limoges où il réside, hébergé par sa mère. Après son audition en garde à vue le 19 mai 2024 par les services de police qui a révélé son maintien en situation irrégulière sur le territoire, par un arrêté du 19 mai 2024, le préfet de la Haute-Vienne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination, et a prolongé d'un an l'interdiction de retour sur le territoire français du 16 novembre 2021, elle-même prolongée le 8 avril 2022, dont il faisait l'objet à cette date. M. E, qui sollicite son admission à l'aide juridictionnelle provisoire, demande l'annulation de cet arrêté.

Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Selon le second alinéa de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 pris pour l'application de ces dispositions : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. M. E soutient avoir formé une demande d'aide juridictionnelle. Dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait été définitivement statué sur cette demande, il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur cette requête, d'admettre à titre provisoire M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans la présente instance.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

4. En premier lieu, Mme A D, directrice de cabinet du préfet de la Haute-Vienne et signataire de l'arrêté du 19 mai 2024 en litige, bénéficie d'une délégation de signature du préfet de la Haute-Vienne en date du 21 août 2023, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial n° 87-2023-130 du même jour, à l'effet notamment de signer en cas d'absence ou d'empêchement du secrétaire général de la préfecture " les arrêtés, décisions et actes pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ". M. E n'allègue pas même que les conditions de cette délégation n'étaient pas réunies. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige manque en fait et doit être écarté.

5. En deuxième lieu, sans qu'il y ait lieu sur ce point de distinguer entre l'obligation de quitter le territoire français, la décision refusant un délai de départ volontaire et la décision fixant le pays de destination qu'il comporte, l'arrêté en litige énonce clairement les considérations de droit et de fait, et notamment au regard de l'ordre public, relatives à la situation personnelle de M. E sur lesquelles il se fonde, dans une mesure suffisante pour permettre à son destinataire d'en connaître et discuter utilement les motifs, et pour mettre le juge de l'excès de pouvoir en mesure d'exercer son office en pleine connaissance de cause. Cette décision, dont aucune disposition législative ou réglementaire n'impose à l'administration qu'elle devrait reprendre exhaustivement tous les éléments de la situation de fait de l'intéressé, est, dès lors, suffisamment motivée notamment au regard des exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et, en tout état de cause, de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En tant qu'ils sont articulés à l'appui des conclusions de la requête dirigées contre ces trois décisions, les moyens tirés d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen particulier de sa situation, celui-ci déduit du premier sans qu'il soit révélé par la seule circonstance, certes malheureuse, qu'ait été omise la mention de démarches de régularisation tentées antérieurement par l'intéressé, manquent dès lors en fait et doivent être écartés.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

7. Il ressort des termes mêmes des dispositions de l'article L. 611-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux. La décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

8. L'interdiction de retour sur le territoire français en litige précise que l'examen d'ensemble de la situation de l'intéressé a été effectué s'agissant des éléments dont l'administration avait connaissance à la date de sa signature, à laquelle s'apprécie sa légalité. Les termes mêmes de l'acte révèlent la prise en compte de la date de l'entrée de l'intéressé sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et de sa situation familiale, traduisant ainsi l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la situation de M. E. L'arrêté attaqué précise expressément et de manière détaillée l'appréciation du préfet sur la menace pour l'ordre public que peut représenter le comportement de M. E depuis son arrivée en France à la suite des agissements pour lesquels il a été condamné ou mis en cause. Au regard de ces éléments, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision portant prolongation d'un an de l'interdiction de retour sur le territoire français du 16 novembre 2021 et déjà prolongée le 8 avril 2023 n'est pas suffisamment motivée et que le préfet de la Haute-Vienne a méconnu les dispositions énoncées à l'article L. 611-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ces moyens doivent être écartés en tant qu'ils sont articulés à l'appui des conclusions dirigées contre l'interdiction de retour sur le territoire français en litige.

9. En dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Ces stipulations ne sauraient, en tout état de cause, s'interpréter comme comportant pour un Etat l'obligation générale de respecter le choix, par un demandeur de titre de séjour, d'y établir sa résidence privée et de permettre son installation ou le regroupement de sa famille sur son territoire. En outre, il appartient à l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France, tel qu'il ressort de ces mêmes stipulations ou tel qu'il découle de la Constitution du 4 octobre 1958, d'apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a, le cas échéant, conservés dans son pays d'origine. Par ailleurs, l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : "L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

10. M. E, ressortissant comorien, est entré, selon ses déclarations, sur le territoire français en 2016, à l'âge de seize ans, avec sa mère. En se bornant à faire valoir sa présence en France, alors mineur, depuis son entrée, celle de sa mère et de sa fratrie, laquelle d'ailleurs ne lui ouvre par elle-même aucun droit au séjour nonobstant les conditions de son hébergement, et au regard de ses nombreuses condamnations et aux motifs de celles-ci, qui révèlent la constance d'un comportement délictueux incompatible avec l'insertion dans la société française dont ne sauraient tenir lieu des stages de formation en électricité qu'il allègue avoir effectués, il n'apporte aucun élément permettant de démontrer un enracinement dans la société française qui ferait obstacle à l'ingérence permise par les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au sens défini par ces dernières, nonobstant qu'il allègue, sans l'établir, ne plus avoir d'attaches dans son pays d'origine. Par ailleurs, s'il allègue à l'audience être suivi médicalement, il n'apporte, par la seule production, levant ainsi le secret médical, d'un compte-rendu de scanner cérébral sans conclusion d'indication, aucun justificatif probant à l'appui de ces allégations. Enfin, M. E n'allègue aucune considération humanitaire ou motif exceptionnel au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, en prenant les mesures en litige, le préfet de la Haute-Vienne n'a pas porté à son droit à une vie privée et familiale normale une atteinte disproportionnée aux buts, notamment d'ordre public, poursuivis par l'arrêté du 19 mai 2024. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de son droit à une vie privée et familiale normale doit être écarté.

11. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français en litige.

12. Il résulte de ce qui vient d'être dit que M. E ne peut exciper de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision lui refusant un délai de départ volontaire et la décision fixant le pays de destination.

13. Enfin, par voie de conséquence, il ne peut exciper de l'illégalité de la décision lui refusant un délai de départ volontaire à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'interdiction de retour sur le territoire français en litige.

14. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions en litige. Par voie de conséquence, les conclusions de la requête à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dont M. E doit être regardé comme demandant l'application combinée avec celles de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse une somme au conseil de M. E au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er: M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2:Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 :Le présent jugement sera notifié à M. C E et au préfet de la Haute-Vienne.

Copie pour information en sera adressée à Me d'Allivy Kelly.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juin 2024.

Le magistrat désigné,

D. F

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour Le Greffier en Chef

La greffière,

M. B

N°2400891mf