Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2400964

jeudi 20 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2400964
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 juin 2024, M. A C demande au juge des référés :

1°) d'annuler les décisions de la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) de la Nouvelle Aquitaine du 12 mai 2023 au 27 mars 2024 ;

2°) d'annuler les courriers de Mme B des 26 mai et 11 août 2023 ; de M. E D des 20, 23, 27 et 31 mars 2023 ;

3°) d'annuler la campagne 2023 du complément indemnitaire annuel (CIA) ;

4°) de lui communiquer les rapports d'enquête réalisée par la DREAL à la suite de son premier signalement le 15 mai 2023 ;

5°) de suspendre de leurs fonctions sept personnes nommément désignées, et de prendre l'initiative d'un conseil de discipline ;

6°) d'ordonner à la DREAL de modifier l'attribution du CIA de 2023, et des suivants ;

7°) d'enjoindre à la DREAL de réaliser une enquête sur tous les faits, et sur la gestion managériale à la DREAL Nouvelle Aquitaine, dans le respect du contradictoire ;

8°) d'enjoindre à la DREAL de réaliser un audit sur la gestion de la santé et la sécurité au travail, en deuxième lieu sur les inégalités et les discriminations à la DREAL Nouvelle Aquitaine, en troisième lieu sur l'attribution du CIA et sur toutes autres procédures salariales, en dernier lieu sur les absences de Jean Huart, dans le respect du contradictoire ;

9°) d'enjoindre à la DREAL de répondre à ses deux fiches et à toutes ses demandes, de se positionner sur les faits, dans un délai de deux mois ;

10°) d'enjoindre à la DREAL de supprimer le règlement interne et l'obligation de présence et de saisir le conseil de discipline à cet effet ;

11°) de condamner la DREAL Nouvelle Aquitaine à lui verser la somme de 64 800 euros, assortie des intérêts, en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors qu'il s'agit de faire cesser les menaces et les sanctions, d'en empêcher de nouvelles, comme fin 2023 à l'annonce des plaintes et recours, d'éviter de nouveaux arrêts de travail et, surtout, qu'il s'agit d'une question de sauvegarde de la santé et de la sécurité au travail, gravement atteintes par la direction de la DREAL Nouvelle-Aquitaine ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

' il n'est pas fait mention des voies et délais de recours ;

' elle est entachée d'un défaut de pouvoir et d'autorité pour qualifier les faits ;

' elle est entachée d'un défaut de pouvoir et d'autorité pour refuser la protection fonctionnelle ;

' elle est entachée d'un défaut d'obligation de prévention et de protection ;

' l'enquête citée par la DREAL n'en est pas une, puisqu'aucune étude des faits et d'audition des témoins n'a été réalisée ;

' il a fait l'objet de sanctions, suspensions, mesures disciplinaires, menaces, intimidation, traitement désavantageux et préjudices après avoir dénoncé les faits de harcèlement moral au travail ;

' manquements au guide de prévention et de traitement des situations de violences et de harcèlement dans la fonction publique ;

' les dispositions de l'article 3-2 du décret du °82-453 du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la prévention médicale dans la fonction publique, ont été méconnues ;

' il a subi des inégalités et discriminations.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 3 juin 2024 sous le n° 2400965 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de son article L. 522-1 : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes de son article L. 522-3 : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. En premier lieu, s'il ressort des termes de la requête que M. C a entendu saisir le juge des référés, sa demande tend non pas à la suspension de l'exécution d'une décision administrative mais à l'annulation de plusieurs décisions de la DREAL Nouvelle Aquitaine. Une telle demande présentée devant le juge des référés est manifestement irrecevable dès lors que le juge des référés statuant en urgence ne peut prescrire que des mesures provisoires.

3. En deuxième lieu, à supposer que M. C ait entendu demander au juge des référés la suspension des décisions visées ci-dessus, en se bornant à contester l'avis émis le 27 mars 2024 par le directeur régional adjoint de la DREAL Nouvelle Aquitaine sur la fiche de signalement intitulée " signalement de situations à risques psycho-sociaux " du registre santé et sécurité au travail de la DREAL Nouvelle-Aquitaine, qu'il a rédigée le 23 novembre 2023, il ne fait état d'aucune situation de nature à justifier l'urgence.

4. En dernier lieu, les conclusions présentées par M. C et tendant à ce que le juge des référés du tribunal suspende de leurs fonctions sept personnes nommément désignées, diligente une enquête administrative et des audits sur les faits et la gestion de la DREAL, se prononce sur des conclusions indemnitaires et prenne l'initiative de la tenue d'un conseil de discipline sont manifestement irrecevables en tant que ces mesures ne sont pas au nombre de celles que le juge des référés a le pouvoir d'ordonner.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions sans que, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, il y ait lieu d'engager une procédure contradictoire ni de tenir une audience.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.

Limoges, le 20 juin 2024.

Le juge des référés,

D. ARTUS

La République mande et ordonne

au ministre de la transformation et de la fonction publiques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La Greffière en Chef,

A. BLANCHON

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