Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2400986
lundi 10 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400986 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 juin 2024, Pet's rescue France demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté n° 87-2024-05-30-00002 du 30 mai 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne a autorisé la neutralisation de chiens en divagation, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Elle soutient que :
- l'urgence est caractérisée du fait que l'exécution de la décision litigieuse entrainerait des conséquences irréversibles, notamment la mise à mort d'animaux ;
- plusieurs moyens sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
' il existe une disproportion entre les mesures prescrites par l'arrêté et l'objectif poursuivi ; des mesures moins radicales telles que le renforcement de la surveillance, la capture et la mise en refuge des chiens errants auraient pu être envisagées ;
' la décision est entachée d'un défaut de motivation en fait et en droit ;
' la décision est entachée d'une erreur de droit au regard du caractère imprécis de la notion de " divagation " qu'elle mentionne.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Nicolas Normand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes, d'une part, du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Aux termes, d'autre part, de l'article R. 522-1 du code de justice administrative : " A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension de l'exécution d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentés par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code " Les dispositions de l'article R. 612-1 ne sont pas applicables. ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser () ".
3. Si l'association Pet's rescue France présente des conclusions à fin de suspension de l'exécution de l'arrêté n° 87-2024-05-30-00002 du 30 mai 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne autorise la neutralisation de chiens en divagation, elle n'a toutefois pas introduit de requête distincte à fin d'annulation contre cette décision. La requête est, dès lors, manifestement irrecevable.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que la requête à fin de suspension présentée par l'association requérante est manifestement irrecevable. Elle doit, dès lors, être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de l'association Pet's rescue France est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Pet's rescue France.
Limoges, le 10 juin 2024.
Le juge des référés,
N. NORMAND
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Le Greffier en Chef,
A. BLANCHON
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