Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2401038

jeudi 20 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2401038
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 juin 2024, l'association Lak Marcandella section tennis demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 551-13 du code de justice administrative :

1°) d'annuler ou, subsidiairement, de suspendre la convention de mise à disposition, à titre expérimental, d'installations sportives conclue le 8 janvier 2024 entre la commune d'Objat et l'association Tennis club objatois ;

2°) d'enjoindre à la commune d'Objat de lancer une nouvelle procédure en vue de l'attribution d'une convention d'occupation de ses installations tennistiques et de se conformer à ses obligations de publicité et de mise en concurrence.

Elle soutient que :

- elle a intérêt à agir dans la mesure où elle avait intérêt à conclure la convention litigieuse et se portait candidate pour l'occupation et l'utilisation partielle partagée, voire entière, du domaine public tennistique de la commune d'Objat ;

- alors que l'exploitation économique du domaine public appelle désormais l'organisation d'une procédure de mise en concurrence, aucune mise en concurrence n'a en l'espèce été diligentée, de sorte qu'elle n'a pas été en mesure de déposer une offre ;

- la convention litigieuse est irrégulière dès lors que, en méconnaissance des stipulations de son article 3-3, les tarifs dits " publics " n'ont pas été soumis au vote du conseil municipal avant sa signature ;

- la décision de calculer le montant de la redevance d'occupation sur la base des relevés des consommations liées aux énergies utilisées n'a pas été soumise à l'organe délibérant, et même s'il advenait que l'exécutif soit titulaire d'une délégation en la matière, elle serait en contradiction avec les stipulations de l'article 3-1 de la convention ;

- compte tenu des dispositions de l'article L. 2125-3 du code général de la propriété des personnes publiques, la redevance d'occupation doit être différente des charges liées aux énergies consommées ;

- aucun impératif ni aucune considération de sécurité publique n'existaient fin 2023 ni même aujourd'hui pour délivrer cette convention d'occupation ;

- son recours doit être jugé dans des délais très brefs car la convention litigieuse interdit à ses membres, dont les parents résident et paient leurs impôts fonciers à Objat, de pratiquer leur sport à haut niveau.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. D'une part, l'article L. 551-13 de ce code prévoit que : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi, une fois conclu l'un des contrats mentionnés aux articles L. 551-1 et L. 551-5, d'un recours régi par la présente section ". Les contrats mentionnés par l'article L. 551-1 du code de justice administrative sont les contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fournitures ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation, ou une délégation d'un service public.

3. D'autre part, en vertu des dispositions de l'article L. 551-18 du même code, le juge du référé contractuel " prononce la nullité du contrat lorsqu'aucune des mesures de publicité requises pour sa passation n'a été prise, ou lorsque a été omise une publication au Journal officiel de l'Union européenne dans le cas où une telle publication est prescrite. / La même annulation est prononcée lorsqu'ont été méconnues les modalités de remise en concurrence prévues pour la passation des contrats fondés sur un accord-cadre ou un système d'acquisition dynamique. / Le juge prononce également la nullité du contrat lorsque celui-ci a été signé avant l'expiration du délai exigé après l'envoi de la décision d'attribution aux opérateurs économiques ayant présenté une candidature ou une offre ou pendant la suspension prévue à l'article L. 551-4 ou à l'article L. 551-9 si, en outre, deux conditions sont remplies : la méconnaissance de ces obligations a privé le demandeur de son droit d'exercer le recours prévu par les articles L. 551-1 et L. 551-5, et les obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles sa passation est soumise ont été méconnues d'une manière affectant les chances de l'auteur du recours d'obtenir le contrat ". Enfin, aux termes de son article L. 551-20 : " Dans le cas où le contrat a été signé avant l'expiration du délai exigé après l'envoi de la décision d'attribution aux opérateurs économiques ayant présenté une candidature ou une offre ou pendant la suspension prévue à l'article L. 551-4 ou à l'article L. 551-9, le juge peut prononcer la nullité du contrat, le résilier, en réduire la durée ou imposer une pénalité financière ".

4. Il résulte de l'instruction que la convention attaquée a pour seul objet d'autoriser son titulaire à occuper, entre le 8 janvier 2024 et le 7 janvier 2025, le domaine public de la commune d'Objat afin d'y exploiter des équipements sportifs, moyennant le versement d'une redevance. Cette convention n'est, dès lors, pas au nombre des contrats mentionnés à l'article L. 551-1 du code de justice administrative à l'égard desquels le juge du référé contractuel peut prendre les mesures limitativement définies aux articles L. 551-18 à L. 551-20 précités du même code.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par l'association requérante, tant à titre principal qu'à titre subsidiaire, sur le fondement de l'article L. 551-13 du code de justice administrative, doivent, en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du même code, être rejetées comme étant manifestement irrecevables, ainsi, par voie de conséquence, que ses conclusions présentées aux fins d'injonction.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de l'association Lak Marcandella section tennis est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Lak Marcandella section tennis.

Limoges, le 20 juin 2024.

Le juge des référés,

D. ARTUS

La République mande et ordonne

au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La Greffière en Chef,

A. BLANCHON

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