Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2401073
lundi 8 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401073 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 juin 2024, M. A B, représenté par la société d'avocat Cabinet Cassel, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 5 décembre 2023 par laquelle le général de corps d'armée, directeur des ressources humaines de la gendarmerie nationale, ne l'a pas inscrit sur le tableau d'avancement pour l'accès au grade d'adjudant-chef du personnel sous-officier de gendarmerie de la spécialité " aéronautique-mécaniciens avionique " pour l'année 2024, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de suspendre l'exécution de toutes décisions individuelles portant promotion et nomination au grade d'adjudant-chef pour le personnel sous-officier de gendarmerie de la spécialité " aéronautique-mécaniciens avionique " de l'année 2024 ;
3°) d'enjoindre au ministère de l'intérieur, en application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative, de promouvoir M. B au grade d'adjudant-chef et de réexaminer son dossier dans le sens du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi qu'aux entiers dépens.
Il soutient que :
- la condition de l'urgence est remplie dès lors que la décision attaquée emporte des conséquences financières immédiates qui se caractérisent par la perte d'une somme de 350 euros sur sa retraite ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée :
' elle est entachée d'un défaut de compétence de son auteur ;
' il n'est pas établie la régularité de la convocation et de la composition de la commission d'avancement qui a examiné l'avancement des sous-officiers de gendarmerie au titre de l'année 2024 ;
' elle souffre d'un défaut d'examen approfondi de son dossier ;
' elle est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 18 juin 2024 sous le n° 2401074 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, sous-officier de gendarmerie, occupe la fonction de mécanicien treuilliste sur hélicoptère en Gendarmerie en milieu de montagne à la section aérienne de Gendarmerie à Egletons. Par une décision du 5 décembre 2023, le général de corps d'armée, directeur des ressources humaines de la gendarmerie nationale, ne l'a pas inscrit sur le tableau d'avancement pour l'accès au grade d'adjudant-chef pour l'année 2024 du personnel sous-officier de gendarmerie de la spécialité " aéronautique-mécaniciens avionique ". M. B a formé un recours gracieux réceptionné le 19 décembre 2023 contre ce tableau d'avancement. Par la présente requête, M. B demande la suspension de la décision du 5 décembre 2023 portant inscription au tableau d'avancement pour l'accès au grade d'adjudant-chef pour l'année 2024 du personnel sous-officier de gendarmerie de la spécialité " aéronautique-mécaniciens avionique ", de la décision implicite de rejet de son recours gracieux et de toutes décisions individuelles portant promotion et nomination au grade d'adjudant-chef pour le personnel sous-officier de gendarmerie de la spécialité " aéronautique-mécaniciens avionique " de l'année 2024.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour soutenir qu'il y a urgence à suspendre l'exécution qu'il conteste, M. B fait valoir que les décisions attaquées ont pour effet de le priver d'une augmentation de pension de retraite d'environ 350 euros et que cette circonstance affecte directement sa situation financière dès lors qu'il a à sa charge deux enfants et qu'il rembourse plusieurs crédits. Toutefois, M. B n'établit pas en quoi sa situation familiale et sa situation financière seraient mises en péril à brève échéance par les décisions attaquées, dès lors qu'il conserve sa rémunération en tant que sous-officier de gendarmerie. Ainsi, il ne ressort pas de l'instruction que les décisions contestées préjudicient de manière suffisamment grave et immédiate à la situation de M. B. Par suite, la condition d'urgence ne peut pas être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision, que les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Limoges, le 8 juillet 2024
Le juge des référés,
D. ARTUS
La République mande et ordonne
au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La greffière en chef,
A. BLANCHON
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