Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2401178

vendredi 9 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2401178
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJUGE UNIQUE D JOSSERAND-JAILLET

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Limoges a rejeté la requête de M. B, ressortissant afghan, qui contestait l'arrêté préfectoral du 3 juin 2024 lui retirant son attestation de demande d'asile, l'obligeant à quitter le territoire français et lui interdisant le retour pour un an. Le tribunal a d'abord écarté la fin de non-recevoir soulevée par le préfet, jugeant la requête recevable. Sur le fond, il a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la procédure contradictoire avait été respectée. Il a également jugé que la décision n'était pas entachée d'erreur de droit, M. B bénéficiant d'une protection internationale en Grèce, ce qui justifiait le rejet de sa demande d'asile en France et ne faisait pas obstacle à son éloignement vers ce pays, et non vers l'Afghanistan. Enfin, le tribunal a considéré que l'interdiction de retour n'était pas disproportionnée. La solution s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment les articles L. 611-1 et suivants.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2024, et un mémoire complémentaire, enregistré le 2 août 2024, M. A B, représenté par Me Pion, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 juin 2024, par lequel le préfet de la Haute-Vienne a retiré son attestation de demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire pendant un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne, à titre principal, de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de deux semaines à compter de la notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois à compter de cette même notification et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- le signataire de l'arrêté, pris dans son ensemble, ne justifie pas de sa compétence ;

- l'arrêté est insuffisamment motivé, et notamment la décision fixant pour pays de destination l'Afghanistan alors qu'il justifie d'une protection internationale en Grèce, révélant par là également un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- la mesure ne pouvait légalement intervenir sans qu'il ait été mis en mesure de présenter préalablement ses observations ;

- eu égard à son état de santé et aux éléments nouveaux produits à l'appui de sa demande de réexamen de demande d'asile, devant la Cour nationale du droit d'asile, il justifie d'un droit à une attestation de demandeur d'asile ;

- en l'exposant à des risques de traitements inhumains et dégradants, l'obligation de quitter le territoire en litige est intervenue en violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant l'Afghanistan, où il est exposé à des traitements inhumains et dégradants, pour pays de destination, est intervenue en violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la protection internationale dont il bénéficie en Grèce fait obstacle à ce qu'il soit éloigné à destination de son pays d'origine ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français porte une atteinte disproportionnée à sa liberté de circulation dans l'espace Shengen entre la Grèce, où il bénéficie de la protection subsidiaire, et la France ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut

- au rejet de la requête ;

- à ce que soit mise à la charge de M. B une somme de 750 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir :

- à titre principal, que la requête est irrecevable pour avoir été enregistrée après l'expiration du délai de recours contentieux ;

- à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 juillet 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la Constitution du 4 octobre 1958 ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 10 mai 2022 par lequel M. Daniel Josserand-Jaillet, président honoraire du corps des magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, a été inscrit sur la liste des magistrats honoraires prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.

M. Daniel Josserand-Jaillet, président de tribunal administratif honoraire, a été désigné par le président du tribunal pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 776-1, R. 776-1 et R. 776-13-1 à R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- et les observations de Me Pion, représentant M. B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant afghan né le 3 octobre 1997 à Kaboul, est, selon ses déclarations, entré irrégulièrement le 23 mai 2023 en France où il a demandé l'asile le 16 juin 2023. Sa demande a été rejetée pour irrecevabilité au motif qu'il bénéfice depuis le 1er août 2018 d'une protection internationale en Grèce, le 19 octobre 2023, par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), notifiée le 24 octobre 2023 et confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 16 janvier 2024. Par un arrêté du 22 mars 2024, le préfet de la Haute-Vienne lui a retiré son attestation de demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français en lui fixant un délai de départ volontaire de trente jours, a fixé le pays de destination, et lui a interdit le retour en France pendant un an. Cet arrêté a été abrogé par la délivrance d'une nouvelle attestation de demande d'asile le 8 avril 2024 à la suite de la demande de réexamen présentée par l'intéressé. Cette dernière, enregistrée le 19 avril 2024, a été de nouveau rejetée le 25 avril 2024 pour le même motif d'irrecevabilité que la demande initiale d'asile de M. B. Par un arrêté du 3 juin 2024, le préfet de la Haute-Vienne lui a retiré son attestation de demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français en lui fixant un délai de départ volontaire de trente jours, a fixé le pays de destination, et lui a interdit le retour en France pendant un an. M. B, qui a parallèlement saisi le 21 juin 2024 la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) d'un nouveau recours, demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le préfet de la Haute-Vienne :

2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ; / 5° ". L'article L. 614-5 du même code prévoit que : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. () ".

3. Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-5 du même code, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de quinze jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour notifiées simultanément. Cette notification fait courir ce même délai pour demander la suspension de l'exécution de la décision d'éloignement dans les conditions prévues à l'article L. 752-5 du même code () ". Enfin, selon l'article R. 776-5 de ce code : " () / II. Les délais de quarante-huit heures mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-4 et les délais de quinze jours mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-3 ne sont susceptibles d'aucune prorogation () ".

4. Il ressort des termes du dispositif de l'arrêté du 3 juin 2024, éclairé par sa motivation, dont M. B demande l'annulation dans la présente instance que, s'il a pour objet d'abroger l'attestation de demande d'asile de l'intéressé, l'obliger à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixer le pays de renvoi et prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, il n'étend pas cet objet ni n'a pour effet de rejeter une demande de titre de séjour qu'aurait présentée l'intéressé ou de lui refuser le séjour autrement que par le rejet de sa demande d'asile. Il suit de là que le préfet de la Haute-Vienne a entendu, pour prendre la décision en litige, se placer exclusivement dans le cas prévu par le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par ailleurs expressément visé dans l'arrêté en litige.

5. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige, dont la notification portait une mention complète des voies et délais de recours en citant notamment l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a été régulièrement notifié à M. B le 14 juin 2024. Le recours contentieux contre cette décision, qui rentre en toutes ses dispositions dans le champ des articles L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 776-2 et R. 776-5 du code de justice administrative précités, expirait par suite le 29 juin 2024. Toutefois, si aux termes des dispositions de ce dernier le délai de recours contentieux ne peut être prorogé, ces mêmes dispositions ne font pas obstacle à son interruption par le dépôt, à l'intérieur dudit délai, d'une demande d'aide juridictionnelle.

6. M. B justifie du dépôt d'une demande d'aide juridictionnelle au titre de la présente instance, qui a été enregistrée le 26 juin 2024 et qui a donné lieu pour le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 10 juillet 2024. Cette demande a ainsi eu pour effet d'interrompre le délai de recours contentieux, avant son expiration. Par suite, la requête enregistrée le 1er juillet 2024 a été présentée dans le délai de recours contentieux. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée à celle-ci en défense par le préfet de la Haute-Vienne doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté en litige pris dans son ensemble :

7. M. Laurent Monbrun, secrétaire général de la préfecture de la Haute-Vienne et signataire de l'arrêté en litige, bénéficie, à compter du 26 février 2024, d'une délégation de signature du préfet de la Haute-Vienne en date du 14 février 2024, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial n° 87-20287-2024-029 du 15 février 2024, à l'effet notamment de signer " les arrêtés, décisions et actes pris sur le fondement du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ". M. B ne peut, en tout état de cause, utilement alléguer que les conditions de cette délégation n'étaient pas réunies en l'absence de toute condition mise à la délégation de signature sur ce point. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige manque en fait et doit être écarté.

8. Aux termes de l'article L. 531-32 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides peut prendre une décision d'irrecevabilité écrite et motivée, sans vérifier si les conditions d'octroi de l'asile sont réunies, dans les cas suivants : 1° Lorsque le demandeur bénéficie d'une protection effective au titre de l'asile dans un Etat membre de l'Union européenne () ". Aux termes de l'article L. 542-1 de ce code : " Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la signature de celle-ci () ". Aux termes de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : a) une décision d'irrecevabilité prise en application des 1° ou 2° de l'article L. 531-32 ".

9. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ". Aux termes de l'article L. 621-1 du même code : " Par dérogation au refus d'entrée à la frontière prévu à l'article L. 332-1, à la décision portant obligation de quitter le territoire français prévue à l'article L. 611-1 et à la mise en œuvre des décisions prises par un autre Etat prévue à l'article L. 615-1, l'étranger peut être remis, en application des conventions internationales ou du droit de l'Union européenne, aux autorités compétentes d'un autre Etat, lorsqu'il se trouve dans l'un des cas prévus aux articles L. 621-2 à L. 621-7. / L'étranger est informé de cette remise par décision écrite et motivée prise par une autorité administrative définie par décret en Conseil d'Etat. Il est mis en mesure de présenter des observations et d'avertir ou de faire avertir son consulat, un conseil ou toute personne de son choix ". Il résulte de ces dispositions que, lorsque l'autorité administrative envisage une mesure d'éloignement à l'encontre d'un étranger dont la situation entre dans le champ d'application des articles L. 621-1 et suivants, elle peut légalement soit le remettre aux autorités compétentes de l'Etat d'où il provient, sur le fondement des articles L. 621-1 et suivants, soit l'obliger à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1. Ces dispositions ne font pas non plus obstacle à ce que l'administration engage l'une de ces procédures alors qu'elle avait préalablement engagée l'autre. Toutefois, si l'étranger demande à être éloigné vers l'Etat d'où il provient, ou s'il est résident de longue durée dans un Etat membre de l'Union européenne ou titulaire d'une carte bleue européenne délivrée par un tel Etat, il appartient au préfet d'examiner s'il y a lieu de reconduire en priorité l'étranger vers cet Etat ou de le réadmettre dans cet Etat.

10. M. B affirme, sans être contredit sur ce point, avoir informé la préfecture de la Haute-Vienne qu'il était titulaire du statut de réfugié en Grèce, ce que confirme la production par le préfet de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 25 avril 2024 à l'appui de son mémoire en défense dans lequel il fait expressément état de ce que cette décision d'irrecevabilité a été prise " au motif (que l'intéressé) bénéficie déjà d'une protection effective en Grèce ". Le préfet de la Haute-Vienne reconnaît ainsi expressément l'existence légale d'une protection internationale au titre de l'asile octroyée à M. B par les autorités grecques. Il ressort tant de l'arrêté en litige du 3 juin 2024, qui ne mentionne pas la protection internationale accordée à M. B par les autorités grecques, que du mémoire en défense produit par le préfet devant le tribunal, qui révèle une contradiction entre le dispositif de l'arrêté en litige fixant pour destination de l'éloignement tout pays dans lequel l'intéressé est légalement admissible et ses motifs qui ne désignent que l'Afghanistan, que cette autorité a examiné la situation de M. B sans tenir compte de ce qu'il bénéficiait en Grèce du statut de réfugié. Eu égard aux incidences d'une telle circonstance, en particulier sur le choix de la procédure d'éloignement et sur l'application de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qui concerne la décision fixant le pays de destination, le préfet de la Haute-Vienne a entaché sa décision d'obligation de quitter le territoire français d'un défaut d'examen sérieux de la situation de M. B.

11. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 3 juin 2024 du préfet de la Haute-Vienne.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

12. Eu égard au motif d'annulation des décisions litigieuses, le présent jugement implique seulement que le préfet de la Haute-Vienne réexamine la situation de M. B. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de procéder à ce réexamen, en munissant M. B, dans l'attente, dans un délai de 8 jours, d'une autorisation provisoire de séjour.

Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font, en tout état de cause, obstacle à ce que M. B, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse une somme à l'Etat au titre des frais liés au litige. Il n'apparaît pas inéquitable, dans les circonstances particulières de l'espèce, de laisser à la charge de M. B, par ailleurs bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, les frais exposés par lui à l'instance et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er: L'arrêté du 3 juin 2024, par lequel le préfet de la Haute-Vienne a retiré à M. B son attestation de demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire pendant un an est annulé.

Article 2: Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3: Les conclusions de l'Etat tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4: Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Haute-Vienne.

Copie en sera adressée pour information à Me Pion.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 août 2024.

Le magistrat désigné,

D. D

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour Le Greffier en Chef

La greffière,

M. C