Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2401328

mercredi 24 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2401328
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Limoges, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension de l'affectation de la fille de Mme C au collège Jean Moulin d'Ambazac. La requête est jugée manifestement irrecevable car la requérante n'a pas introduit de requête distincte en annulation de la décision contestée, en méconnaissance de l'article R. 522-1 du même code. Le juge des référés applique l'article L. 522-3 pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 juillet 2024, Mme A C demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 22 juin 2024 par laquelle la directrice académique des services de l'éducation nationale de la Haute-Vienne a prononcé l'affectation de sa fille B D C en classe de 6ème au collège Jean Moulin à Ambazac pour l'année scolaire 2024-2025 ;

2°) d'enjoindre à l'administration de réexaminer la situation de sa fille.

Elle soutient que, alors qu'elle avait formé une demande de dérogation à la carte scolaire en vue de l'affectation de sa fille au collège Léonard Limosin à Limoges, l'affectation de celle-ci au collège d'Ambazac est incorrecte en ce que son père est domicilié à Compreignac et qu'elle-même va prochainement déménager à Limoges, de sorte qu'il sera physiquement impossible que sa fille se rende à Ambazac tous les jours.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Martha, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, lorsqu'il apparaît manifeste qu'une requête est irrecevable, la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.

2. Aux termes du second alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". En outre, selon l'article R. 522-2 du même code, les dispositions de son article R. 612-1, qui imposent au juge d'inviter l'auteur de conclusions entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours à les régulariser, ne sont pas applicables au juge des référés statuant en urgence.

3. Mme C, qui demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision susvisée du 22 juin 2024, n'a toutefois pas introduit de requête distincte tendant à l'annulation de cette décision. Une telle demande, qui méconnaît les dispositions précitées de l'article R. 522-1 du code de justice administrative, est manifestement irrecevable. Il y a lieu, par suite, de faire application de l'article L. 522-3 du même code et de rejeter la requête de Mme C en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C.

Fait à Limoges, le 24 juillet 2024.

Le juge des référés,

F. MARTHA

La République mande et ordonne

au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La Greffière en Chef,

A. BLANCHON

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