Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2401558

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2401558
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPITCHER AVOCAT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de M. A, qui demandait la condamnation de l'Agence nationale de l'habitat au paiement de la prime "MaPrimeRénov'". Le juge a considéré que les conclusions indemnitaires étaient irrecevables, car le litige relatif à une subvention relève du recours pour excès de pouvoir et non d'une action en paiement. M. A aurait dû présenter des conclusions en annulation de la décision implicite de rejet de son recours préalable. La décision se fonde sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative et la jurisprudence relative aux subventions publiques.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, transmise par le tribunal administratif de Paris le 23 août 2024, enregistrée le 21 juin 2024, M. B A, représenté par Me Pitcher, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Agence nationale de l'habitat à lui verser la somme de 2 500 euros en paiement de la prime de transition énergétique " MaPrimeRénov' " qui lui a été attribuée le 17 avril 2023 ;

2°) de mettre à la charge de l'Agence nationale de l'habitat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative ;

- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;

- l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; "

2. Indépendamment des actions indemnitaires qui peuvent être engagées contre la personne publique, les recours relatifs à une subvention, qu'ils aient en particulier pour objet la décision même de l'octroyer, quelle qu'en soit la forme, les conditions mises à son octroi par cette décision ou une convention, ou encore les décisions de la personne publique auxquelles elle est susceptible de donner lieu, notamment les décisions par lesquelles la personne publique modifie le montant ou les conditions d'octroi de la subvention, cesse de la verser ou demande le remboursement des sommes déjà versées, ne peuvent être portés que devant le juge de l'excès de pouvoir, par le bénéficiaire de la subvention ou par des tiers qui disposent d'un intérêt leur donnant qualité à agir.

3. Il résulte de ce qui précède qu'alors qu'il devait présenter des conclusions en annulation de la décision implicite de rejet du recours préalable obligatoire qu'il a formulé le 22 février 2024, M. A n'a présenté que des conclusions indemnitaires tendant à la condamnation de l'Agence nationale de l'habitat à payer la somme de 2 500 euros correspondant au montant de la prime de transition énergétique. Celles-ci sont donc irrecevables par leur objet et ne sont pas susceptibles d'être régularisées.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. A.

Copie en sera adressée pour information à l'Agence nationale de l'habitat.

Fait à Limoges, le 19 septembre 2024

Le vice-président,

F. J REVEL

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière

M. C

jb