Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2401659

lundi 23 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2401659
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Limoges, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A qui demandait d’enjoindre au préfet de la Charente d’échanger son permis de conduire polynésien contre un permis français. Le juge a estimé que la mesure sollicitée faisait obstacle à l’exécution d’une décision administrative de refus opposée par l’ANTS, ce qui ne satisfaisait pas aux conditions de l’article L. 521-3. La demande a été jugée manifestement irrecevable et rejetée sans examen de l’urgence ou de l’utilité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2024, M. B A demande au juge des référés d'enjoindre, en application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, au préfet de la Charente d'échanger son permis de conduire Polynésien contre un permis de conduire français et de régulariser sa situation auprès de l'ANTS.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code précise que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, citées ci-dessus, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Charente d'échanger son permis de conduire polynésien contre un permis de conduire français et de régulariser sa situation auprès de l'ANTS. Or, il ressort des pièces versées au dossier que cette demande fait suite à un refus qui lui a été opposé par l'ANTS. Il s'ensuit que la mesure sollicitée est de nature à faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative et que, dès lors, il n'est pas satisfait à l'ensemble des conditions prévues par l'article L. 521-3 du code de justice administrative précitées.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer, d'une part, sur la compétence du tribunal administratif de Limoges et, d'autre part, sur le caractère urgent et utile de la mesure sollicitée, que les demandes formulées par M. A sont manifestement irrecevables et doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Limoges, 23 septembre 2024

Le juge des référés,

D. ARTUS

La République mande et ordonne

au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La greffière en chef,

A. BLANCHON

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