Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2401712

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2401712
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de Mme A contestant un indu de prime d'activité réclamé par la CAF de la Corrèze. La requête a été jugée manifestement irrecevable car Mme A n'avait pas saisi la commission de recours amiable dans le délai de deux mois suivant la notification de la décision du 14 mars 2023, comme l'exigent les articles L. 845-2 et R. 142-1 du code de la sécurité sociale. Le recours préalable obligatoire, effectué le 11 juillet 2024, était tardif. En application de l'article R. 222-1 4° du code de justice administrative, la requête a été rejetée sans invitation à régulariser.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 septembre 2024, Mme B A, demande au tribunal, à titre principal, de débouter la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Corrèze de sa demande de recouvrement des sommes rappelées et, à titre subsidiaire, de débouter la CAF de sa demande de recouvrement en l'état pour les sommes appelées au titre de la période d'avril 2022 à décembre 2023 et de contraindre la CAF de la Corrèze à réviser l'indu pour la période avril 2022-décembre 2022 et à fournir le détail des calculs effectués et, enfin, de lui accorder un dégrèvement de la dette restante pour 2023 ou un échéancier de paiement si une partie de la dette était maintenue.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif, (), les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (). ".

2. D'autre part, aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. / (). ". Aux termes de l'article R. 847-2 du même code : " Le recours préalable mentionné à l'article L. 845-2 est adressé par la personne concernée à la commission de recours amiable dans le délai prévu à l'article R. 142-1. (). ". Enfin, aux termes de l'article R. 142-1 de ce code : " (). / Cette commission doit être saisie dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision contre laquelle les intéressés entendent former une réclamation. ".

3. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le bénéficiaire de la prime d'activité s'est vu notifier une décision de récupération de sommes indûment perçues au titre de cette prestation et qu'il entend contester, en tout ou partie, le caractère indu des montants correspondants, il lui appartient de saisir préalablement la commission de recours amiable de l'organisme qui lui sert cette allocation. Il peut utilement contester devant le juge administratif tant la régularité que le bien-fondé de la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable obligatoire par la commission de recours amiable, qui se substitue à la décision initiale de récupération de l'indu et qui est, par suite, seule susceptible d'être déférée au juge compétent.

4. Il ressort des pièces du dossier que la décision contestée par Mme A a été prise à la date du 14 mars 2023. En considération des textes visés au point 2, elle disposait, à compter de cette date, de deux mois pour effectuer un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de cette décision. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que Mme A n'a effectué son recours préalable obligatoire qu'à la date du 11 juillet 2024, soit au-delà du délai de deux mois précédemment invoqué. Ainsi, le recours administratif préalable obligatoire de la requérante étant tardif, sa requête est manifestement irrecevable.

5. Dans ces conditions, la requête de Mme A doit être rejetée en application de l'article R. 222-1 4° du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A.

Fait à Limoges, le 10 octobre 2024.

Le vice-président,

FJ. REVEL

La République mande et ordonne

au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour la Greffière en Chef,

La Greffière,

M. DUCOURTIOUX

jb