Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2401737

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2401737
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Limoges a rejeté la requête de Mme B contestant une contrainte de la CAF pour le recouvrement d’un indu de prestations sociales de 9 772,04 euros. La requérante invoquait uniquement sa situation financière précaire, sans soulever de moyen relatif à la régularité ou au bien-fondé de la contrainte. Le tribunal a jugé ce moyen inopérant, la précarité étant sans incidence sur la légalité de la décision de recouvrement et relevant d’une demande gracieuse distincte. L’ordonnance, fondée sur l’article R. 222-1 7° du code de justice administrative et les articles L. 161-1-5 et R. 133-3 du code de la sécurité sociale, a donc rejeté la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 septembre 2024, Mme A B demande au tribunal l'annulation de la contrainte du 9 septembre 2024 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) l'a informé du recouvrement d'indus de prestations sociales à hauteur de 9 772,04 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. ".

2. Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " () Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou pour les débiteurs domiciliés à l'étranger, au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort de l'organisme créancier par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. L'opposition doit être motivée ; une copie de la contrainte contestée doit lui être jointe. Le secrétariat du tribunal informe l'organisme créancier dans les huit jours de la réception de l'opposition ".

3. Mme B ne soulève aucun moyen relatif à la régularité ou au bien-fondé de la contrainte en litige, mais se borne à demander une reconsidération de la dette au motif qu'elle est dans une situation financière précaire. Toutefois, si l'impossibilité de payer la somme due pour cause de précarité peut être avancée à l'appui d'une demande de remise gracieuse ou d'échelonnement de la dette, la situation de précarité dont se prévaut la requérante est sans incidence sur la régularité ou le bien-fondé de la décision par laquelle l'autorité administrative poursuit le recouvrement de cette somme. Dans ces conditions, le moyen tiré de la précarité financière et de l'impossibilité de rembourser cette somme est inopérant et ne peut qu'être écarté.

4. Dans ces conditions, la requête, qui ne comporte que l'énoncé de moyens irrecevables ou inopérants, doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 7° du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Limoges, le 10 octobre 2024.

Le vice-président,

FJ. REVEL

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour la Greffière en Chef,

La Greffière,

M. DUCOURTIOUX

jb