Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2500721

mardi 8 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2500721
TypeDécision
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Limoges, statuant en référé, a été saisi par la commune de Rochechouart sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation. La commune estimait que la façade d'un immeuble appartenant à la SCI Magis présentait un danger grave et immédiat pour la sécurité publique en raison de chutes d'enduit. Le juge a fait droit à la demande en désignant un expert pour constater l'état du bâtiment et, le cas échéant, proposer des mesures de mise en sécurité. Cette décision est une mesure préparatoire à un éventuel arrêté de péril imminent.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 avril 2025, la commune de Rochechouart (Haute-Vienne) demande au juge des référés, en application des dispositions de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, de désigner un expert avec pour mission de se prononcer sur l'état du bâtiment situé sur son territoire, 19 rue du Docteur B E, parcelle cadastrée section BR no 89, appartenant à la SCI Magis, représentée par M. D, et de proposer les mesures nécessaires pour mettre fin au danger s'il le constate.

Elle soutient que le mauvais état de la façade Sud Est et des volets, côté rue B E, du bâtiment représente un danger, des morceaux d'enduit se détachant et tombant dans la rue Chabaudie pouvant blesser les passants. Il représente un danger grave et immédiat pour la sécurité publique et les occupants, le propriétaire n'ayant pris aucune mesure malgré ses nombreux avertissements. Elle se trouve donc dans l'obligation d'engager la procédure de mise en sécurité destinée à faire cesser le péril engendré par ce bâtiment. La propriétaire a été avertie par courrier en date du 24 janvier 2025 de son intention de mettre en œuvre la procédure de mise en sécurité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation, notamment son article L. 511-9 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation : " Préalablement à l'adoption de l'arrêté de mise en sécurité, l'autorité compétente peut demander à la juridiction administrative la désignation d'un expert afin qu'il examine les bâtiments, dresse constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin au danger. L'expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation. Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un danger imminent, l'autorité compétente fait application des pouvoirs prévus par la section 3 du présent chapitre. ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 556-1 du code de justice administrative : " Lorsque le juge administratif est saisi par le maire, sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, d'une demande tendant à la désignation d'un expert, il est statué suivant la procédure de référé prévue à l'article R. 531-1 ". Ledit article R. 531-1 dispose que : " S'il n'est rien demandé de plus que la constatation de faits, le juge des référés peut, sur simple requête qui peut être présentée sans ministère d'avocat et même en l'absence d'une décision administrative préalable, désigner un expert pour constater sans délai les faits qui seraient susceptibles de donner lieu à un litige devant la juridiction () ".

3. Le maire de la commune de Rochechouart soutient que l'état du bâtiment situé sur son territoire 19 rue du Docteur B E, parcelle cadastrée section BR no 89, appartenant à la SCI Magis, représentée par M. D, crée un danger justifiant la mise en œuvre de la procédure prévue par les dispositions de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation. Il y a donc lieu, en application des dispositions précitées, de nommer un expert en vue de constater l'état actuel de ce bâtiment et de fixer sa mission comme il est dit à l'article 1er de la présente ordonnance.

O R D O N N E :

Article 1er: M. A C, demeurant 9 rue Pierre et Marie Curie à Limoges (87000), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission :

- de se rendre sur les lieux et d'examiner le bâtiment, situé sur le territoire de la commune de Rochechouart (Haute-Vienne), 19 rue du Docteur B E, parcelle cadastrée section BR no 89, appartenant à la SCI Magis, représentée par M. D ;

- de dire si, à son avis, ce bâtiment présente un danger grave et imminent et dresser, le cas échéant, constat de l'état des bâtiments mitoyens ;

- dans le cas d'un danger grave et imminent, de proposer les mesures nécessaires pour mettre fin au danger et garantir la sécurité des personnes, ainsi que les délais dans lesquels elles devront être mises en œuvre.

Article 2:L'expert procèdera à sa mission dans les vingt-quatre heures suivant sa nomination en présence d'un représentant de la commune de Rochechouart et, dans la mesure du possible, de M. D, représentant la SCI Magis.

Article 3:L'expert avertira d'urgence la commune de Rochechouart et la SCI Magis par tous moyens utiles des jours et heures du constat de l'état de l'immeuble prévu à l'article 1er.

Article 4:L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal administratif en deux exemplaires dans les délais les plus brefs après l'accomplissement de sa mission. Il en notifiera une copie à la commune de Rochechouart et à la SCI Magis. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.

Article 5: La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Rochechouart, à la SCI Magis, représentée par M. D, et à M. A C, expert.

Limoges, le 8 avril 2025.

Le juge des référés,

D. ARTUS

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La greffière en Chef,

A. BLANCHON

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