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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2501332

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2501332

mardi 21 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2501332
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantKARAKUS-GURSAL HANIFE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Limoges a rejeté la requête de Mme C..., ressortissante macédonienne, qui contestait un arrêté préfectoral du 26 novembre 2024 lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. La requête a été jugée irrecevable car tardive, le délai de recours d'un mois ayant expiré avant le dépôt de sa demande d'aide juridictionnelle. Le tribunal s'est fondé sur les articles L. 614-1 et L. 911-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur l'article R. 421-5 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 juillet 2025, Mme A... C..., représentée par Me Karakus, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 26 novembre 2024 par lequel le préfet de la Haute-Vienne lui a refusé la délivrance d’un titre de séjour, l’a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d’un an assortie d’un signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Haute-Vienne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » ou, subsidiairement, de réexaminer sa demande dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, en application des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de renonciation à la part contributive de l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle.


Elle soutient que :
- l’arrêté attaqué est entaché d’un vice de procédure dès lors que la commission du titre de séjour n’a pas été préalablement consultée ;
- il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2025, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête et à ce qu’il soit mis à la charge de Mme C... la somme de 750 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par Mme C... ne sont pas fondés.


Mme C... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 12 février 2025.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Gillet a été entendu au cours de l’audience publique à laquelle aucune des parties n’était présente ni représentée.


Considérant ce qui suit :

Mme A... C..., ressortissante macédonienne née le 20 janvier 1961 à Bitola (Macédoine du Nord), déclare être entrée sur le territoire français en 2010. Elle a déposé le 6 août 2024 une demande de titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » sur le fondement de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par un arrêté du 26 novembre 2024, le préfet de la Haute-Vienne a refusé de faire droit à cette demande, a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l’a interdite de retour sur le territoire national pendant une durée d’un an. Mme C... demande l’annulation de cet arrêté.

Aux termes de l’article L. 614-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 911-1 ». Aux termes de l’article L. 911-1 du même code : « Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision. (…) L'étranger peut demander le bénéfice de l'aide juridictionnelle, au plus tard lors de l'introduction de son recours (…) ». Enfin, aux termes de l’article R. 421-5 du code de justice administrative : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu’à la condition d’avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ».

Il ressort des pièces du dossier que l’arrêté du préfet de la Haute-Vienne du 26 novembre 2024, qui comportait l’indication exacte des voies et délais de recours ouverts à son encontre, a été remis contre signature à Mme C... sous la forme d’un courrier recommandé avec accusé de réception le 30 novembre 2024 à l’adresse que la requérante avait elle-même déclarée lors de sa demande de titre de séjour. Il en résulte que le délai de recours, qui a commencé à courir à compter du 30 novembre 2024, était dès lors expiré à la date de dépôt de la demande d’aide juridictionnelle, le 21 janvier 2025, et que cette demande n’a pu interrompre ce délai de recours. La requête présentée par Mme C..., enregistrée au greffe du tribunal le 15 juillet 2025, soit après l’expiration du délai de recours contentieux d’un mois qui lui était imparti, et qui n’allègue ni n’établit que cette notification aurait été irrégulière, est dès lors tardive. Par suite, il y a lieu d’accueillir la fin de non-recevoir opposée en défense.

Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C... doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

Il résulte par ailleurs des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative qu'une personne publique, qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat, ne saurait présenter une demande au titre de ces dispositions en se bornant à faire état d'un surcroît de travail pour ses services et sans se prévaloir de frais spécifiques exposés par elle en indiquant leur nature. Par suite, en se bornant à demander au tribunal qu’une somme soit mise à la charge de Mme C... au titre des frais de justice sans faire état précisément des frais que l’Etat aurait exposés pour défendre à l’instance, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par le préfet de la Haute-Vienne sur ce fondement.








D E C I D E :







Article 1er
: La requête de Mme A... C... est rejetée.

Article 2
: Les conclusions présentée par le préfet de la Haute-Vienne sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.



Article 3
: Le présent jugement sera notifié à Mme A... C..., à Me Karakus et au préfet de la Haute-Vienne.



Délibéré après l'audience du 7 octobre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Gillet, conseiller,


Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2025.


Le rapporteur,

K. GILLET

Le président,

D. ARTUS

La greffière,

M. B...



La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
La greffière

M. B...




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