Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2502065

mercredi 19 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2502065
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de M. et Mme C... qui demandaient d’enjoindre à l’Agence nationale de l’habitat de réexaminer leur dossier pour la prime « MaPrimeRénov » et de leur accorder un rendez-vous téléphonique. Le tribunal a considéré que ces conclusions en injonction étaient irrecevables car présentées à titre principal, sans être précédées d’une demande d’annulation d’une décision administrative. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement des articles R. 222-1, R. 351-4, R. 421-1, L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 octobre 2025, M. A... C... et Mme B... C... demandent au tribunal d’enjoindre à l’agence nationale de l’habitat de réexaminer leur dossier au titre de la prime « MaPrimeRevov » et de leur donner un rendez-vous téléphonique.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Les dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative permettent aux présidents de tribunal administratif de rejeter par ordonnance les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens.

2. D’une part, aux termes de l’article R. 351-4 du code de justice administrative : « Lorsque tout ou partie des conclusions dont est saisi un tribunal administratif, une cour administrative d'appel ou le Conseil d'Etat relève de la compétence d'une de ces juridictions administratives, le tribunal administratif, la cour administrative d'appel ou le Conseil d'Etat, selon le cas, est compétent, nonobstant les règles de répartition des compétences entre juridictions administratives, pour rejeter les conclusions entachées d'une irrecevabilité manifeste insusceptible d'être couverte en cours d'instance, pour constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur tout ou partie des conclusions ou pour rejeter la requête en se fondant sur l'irrecevabilité manifeste de la demande de première instance ».

3. D’autre part, aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d’une somme d’argent, elle n’est recevable qu’après l’intervention de la décision prise par l’administration sur une demande préalablement formée devant elle ». Aux termes de l’article L. 911-1 du même code : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu’une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public prenne une mesure d’exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d’un délai d’exécution ». Aux termes de l’article L. 911-2 de ce code : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé ».

4. Il résulte de ces dispositions qu’il n’appartient pas au juge administratif de prononcer des injonctions envers les personnes morales de droit public en dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative. Par suite, les requérants qui se bornent à demander au tribunal d’enjoindre à l’agence nationale de l’habitat de réexaminer leur dossier et de leur donner un rendez-vous téléphonique, sans contester une décision administrative dont ils demanderaient l’annulation à titre principal, présentent des conclusions en injonction à titre principal qui sont irrecevables.

5. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête de M. et Mme C... en toutes leurs conclusions en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er
:
La requête de M. et Mme C... est rejetée.

Article 2
:
La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... et à Mme B... C....


Fait à Limoges, le 19 novembre 2025.


Le vice-président





F-J REVEL


La République mande et ordonne
au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière

M. D...