Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2212129
lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2212129 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7ème Chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2022, Mme B A demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations primitives d'impôt sur le revenu auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2013 à 2018.
Elle soutient qu'au titre des années 2013 à 2018, ont été considérées à tort comme des revenus imposables des indemnités journalières versées par la caisse primaire d'assurance maladie en raison d'une affection de longue durée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2023, le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête de Mme A.
Il fait valoir que la requête est irrecevable.
Par une ordonnance du 14 août 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au
16 septembre 2024.
Par une lettre du 17 octobre 2024, le tribunal a demandé aux parties, sur le fondement de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, de produire des pièces pour compléter l'instruction.
En réponse à cette demande, Mme A a produit des pièces, enregistrées le 23 octobre 2024, qui ont été communiquées
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dupuy-Bardot, première conseillère,
- les conclusions de Mme Nguër, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations primitives d'impôt sur le revenu auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2013 à 2018.
Sur la fin de non-recevoir :
2. D'une part, selon les termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales, le contribuable qui désire contester tout ou partie d'une imposition doit d'abord adresser une réclamation au service territorial de l'administration fiscale dont dépend le lieu d'imposition. En vertu de l'article R. 196-1 du même livre, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année qui suit la mise en recouvrement du rôle ou la notification d'un avis de mise en recouvrement.
3. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative :
" Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
4. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que l'avis d'imposition ou l'avis de mise en recouvrement par lequel l'administration porte les impositions à la connaissance du contribuable doit mentionner l'existence et le caractère obligatoire, à peine d'irrecevabilité d'un éventuel recours juridictionnel, de la réclamation prévue à l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales, ainsi que les délais de forclusion dans lesquels le contribuable doit présenter cette réclamation et, d'autre part, que le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours ou l'absence de preuve qu'une telle information a été fournie est de nature à faire obstacle à ce que les délais prévus par l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales lui soient opposables.
5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que les impositions primitives pour les années 2014, 2015, 2016 et 2017 ont été mises en recouvrement respectivement les 31 juillet 2015, 31 juillet 2016, 31 juillet 2017 et 30 septembre 2018, et que les avis d'imposition comportaient la mention des voies et délais de recours. Or, Mme A n'a adressé sa réclamation préalable à l'administration que par un courrier du 17 juin 2022, soit postérieurement à l'expiration, aux dates respectives des 31 décembre 2017, 31 décembre 2018, 31 décembre 2019 et 31 décembre 2020 du délai qui lui était imparti pour le faire en application des dispositions du a) de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales. Dans ces conditions, cette réclamation a été présentée tardivement, en ce qui concerne ces impositions. Par suite, les conclusions tendant à obtenir la décharge des cotisations primitives d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles Mme A a été assujettie au titre des années 2014, 2015, 2016 et 2017 sont irrecevables.
6. En revanche, malgré la demande du tribunal, l'administration fiscale n'a pas justifié de la date de mise en recouvrement des impositions primitives d'impôt sur le revenu auxquelles Mme A a été assujettie au titre de l'année 2013 ni de ce qu'elle avait été utilement informée des voies et délais de recours pour contester cette imposition. Par suite, la fin de non-recevoir opposée s'agissant des conclusions tendant à la décharge des cotisations auxquelles la requérante a été assujettie au titre de l'année 2013 doit être écartée.
7. Enfin, il résulte de l'instruction que la requérante n'a été assujettie à aucune cotisation d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2018. Par suite, à défaut de mise en recouvrement d'impositions correspondantes, la réclamation préalable est irrecevable en application des dispositions citées des articles R. 190-1 et R. 196-1 du livre des procédures fiscales.
Sur les conclusions à fin de décharge des impositions de l'année 2013 :
8. Aux termes de l'article 12 du code général des impôts : " L'impôt est dû chaque année à raison des bénéfices ou revenus que le contribuable réalise ou dont il dispose au cours de la même année. ". Aux termes de l'article 79 du même code : " Les traitements, indemnités, émoluments, salaires, pensions et rentes viagères concourent à la formation du revenu global servant de base à l'impôt sur le revenu. / () ". L'article 80 quinquies de ce code dispose que : " Les indemnités journalières versées par les organismes de sécurité sociale et de la mutualité sociale agricole ou pour leur compte, sont soumises à l'impôt sur le revenu suivant les règles applicables aux traitements et salaires, à l'exclusion () des indemnités qui sont allouées à des personnes atteintes d'une affection comportant un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse ".
9. Il résulte de l'instruction qu'au cours de l'année 2013, la caisse primaire d'assurance maladie de Seine-Saint-Denis a versé à Mme A des indemnités journalières d'un montant de 4 355 euros au titre d'une affection comportant un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse au sens de l'article 80 quinquies du code général des impôts. Par suite, les sommes ainsi versées ne constituent pas des revenus soumis à l'impôt sur le revenu en application de cet article, ce que ne conteste pas l'administration fiscale, qui a au demeurant fait droit à la réclamation de la requérante au titre des années 2019 à 2021.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A peut prétendre à une réduction de la base de calcul de l'impôt sur le revenu qu'elle a acquitté au titre de l'année 2013, à concurrence du montant des indemnités journalières de sécurité sociale qu'elle a perçues au cours de cette année à raison d'une affection comportant un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse, ainsi que, par voie de conséquence, à la décharge de cotisations d'impôt sur le revenu résultant de cette réduction en base.
D E C I D E :
Article 1er : La base de calcul de l'impôt sur le revenu acquitté par Mme A au titre de l'année 2013 est réduite à concurrence du montant des indemnités journalières de sécurité sociale qu'elle a perçues à raison d'une affection comportant un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse au cours de cette année.
Article 2 : Mme A est déchargée des cotisations d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2013 dans la mesure de la réduction de la base d'imposition définie à l'article 1er.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 18 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Charret, président,
Mme Tahiri, première conseillère,
Mme Dupuy-Bardot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.
La rapporteure,
N. Dupuy-Bardot
Le président,
J. Charret
La greffière,
L. Valcy
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie et au ministre chargé du budget et des comptes publics, chacun en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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