Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2217723

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2217723
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par M. et Mme A d’une demande de réduction de leur impôt sur le revenu 2020, au titre du crédit d’impôt pour investissement locatif prévu à l’article 199 novovicies du code général des impôts. Leur logement acquis en VEFA le 26 juillet 2017 devait être achevé avant le 26 janvier 2020, mais la livraison a eu lieu le 18 février 2020. Le tribunal a jugé que le retard, entièrement causé par la liquidation judiciaire d’une entreprise sous-traitante, constituait un cas de force majeure. En conséquence, il a accordé la réduction d’impôt sollicitée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 12 décembre 2022 et 23 juin 2023, M. et Mme A demandent au tribunal de prononcer la réduction des cotisations primitives d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2020.

Ils soutiennent que l'achèvement des travaux a été retardé de seulement deux semaines, en raison de circonstances qui ne leur sont pas imputables et revêtant le caractère d'un évènement de force majeure.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2023, le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen soulevé par les requérants n'est pas fondé.

Par ordonnance du 10 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 4 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Tahiri,

- et les conclusions de Mme Nguër, rapporteure publique.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme A ont acquis, le 26 juillet 2017, dans le cadre d'une vente en l'état futur d'achèvement, un bien immobilier à usage d'habitation sis à Romainville (93). Ils ont sollicité la prise en compte, pour le calcul de leur impôt sur le revenu au titre de l'année 2020, de cet investissement locatif dans le cadre du crédit d'impôt prévu par les dispositions de l'article 199 novovicies du code général des impôts. Par une décision du 8 novembre 2022, le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis a rejeté leur réclamation. M. et Mme A demandent au tribunal de prononcer la réduction des cotisations primitives d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2020.

2. Aux termes de l'article 199 novovicies du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " I. - A. - Les contribuables qui acquièrent, entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2021, alors qu'ils sont domiciliés en France au sens de l'article 4 B, un logement neuf ou en l'état futur d'achèvement bénéficient d'une réduction d'impôt sur le revenu à condition qu'ils s'engagent à le louer nu à usage d'habitation principale pendant une durée minimale fixée, sur option du contribuable, à six ans ou à neuf ans. Cette option, qui est exercée lors du dépôt de la déclaration des revenus de l'année d'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure, est irrévocable pour le logement considéré. () C. - L'achèvement du logement doit intervenir dans les trente mois qui suivent la date de la signature de l'acte authentique d'acquisition, dans le cas d'un logement acquis en l'état futur d'achèvement, ou la date de l'obtention du permis de construire, dans le cas d'un logement que le contribuable fait construire. () ".

3. Il est constant que le logement au titre duquel M. et Mme A ont sollicité le bénéfice de la réduction d'impôt prévue par les disposition susmentionnées, acquis en l'état futur d'achèvement le 26 juillet 2017, aurait dû être achevé le 26 janvier 2020 pour ouvrir droit au crédit d'impôt institué par ces dispositions. La date d'achèvement de ce logement, nécessairement antérieure à sa date de livraison intervenue le 18 février 2020, n'est pas établie par les requérants. Toutefois, ces derniers produisent une attestation établie le 26 février 2019 par la société chargée de la maîtrise d'œuvre indiquant que le chantier a subi un retard de 65 jours ouvrés, soit 13 semaines calendaires, dû à la liquidation judiciaire de la société SAMBP en charge de la fourniture et de la pose de menuiseries ainsi qu'un courrier du promoteur immobilier en charge de l'opération, daté du 1er avril 2019, indiquant quant à lui que le repreneur de la société SAMBP s'est engagé à finaliser les chantiers en cours de réalisation, conduisant à reporter la livraison au plus tard au 31 janvier. Ils établissent ainsi que le retard de livraison a été intégralement causé par un évènement de force majeure. Par suite, M. et Mme A sont fondés à demander le bénéfice de la réduction d'impôt prévue à l'article 199 novovicies du code général des impôts et, en conséquence, la réduction de la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2020.

D E C I D E :

Article 1er : La cotisation primitive d'impôt sur le revenu à laquelle M. et Mme A ont été assujettis au titre de l'année 2020 est réduite conformément aux motifs du présent jugement.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et au directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 18 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Charret, président,

Mme Tahiri et Mme B, premières conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.

La rapporteure,

S. Tahiri

Le président,

J. Charret

La greffière,

L. Valcy

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, et au ministre chargé du budget et des comptes publics, chacun en ce qui les concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.