Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2303866
jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2303866 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 10ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 mars 2023, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la réduction des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2019, 2020 et 2021 et, par voie de conséquence, le remboursement du montant excédentaire de 652 euros versé au titre de l'année 2021.
Il soutient que la retenue à la source prélevée sur ses pensions de source française n'est pas déduite des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années en litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2023, la directrice chargée de la direction des impôts des non-résidents conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 30 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Syndique, première conseillère,
- et les conclusions de M. Khiat, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, qui réside au Canada, perçoit des retraites de source française versées par trois débiteurs différents sur lesquelles a été appliquée la retenue à la source de l'article 182 A du code général des impôts. Il doit être regardé comme demandant la réduction des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2019, 2020 et 2021 et, par voie de conséquence, le remboursement du montant excédentaire versé au titre de l'année 2021.
2. En vertu de l'article 197 A du code général des impôts, les règles du 1 du I de l'article 197, relatives aux règles de calcul de l'impôt selon un barème progressif, " sont applicables pour le calcul de l'impôt sur le revenu dû par les personnes qui, n'ayant pas leur domicile fiscal en France : / a. Perçoivent des revenus de source française ; l'impôt ne peut, en ce cas, être inférieur à un montant calculé en appliquant un taux de 20% à la fraction de revenu net imposable inférieure ou égale à la limite supérieure de la deuxième tranche du barème de l'impôt sur le revenu et un taux de 30% à la fraction supérieure à cette limite () ; toutefois, lorsque le contribuable justifie que le taux de l'impôt français sur l'ensemble de ses revenus de source française ou étrangère serait inférieur à ces minima, ce taux est applicable à ses revenus de source française. () ". Aux termes de l'article 182 A du même code : " I. A l'exception des salaires entrant dans le champ d'application de l'article 182 A bis, les traitements, salaires, pensions et rentes viagères, de source française, servis à des personnes qui ne sont pas fiscalement domiciliées en France donnent lieu à l'application d'une retenue à la source. () / V. La retenue s'impute sur le montant de l'impôt sur le revenu établi dans les conditions prévues à l'article 197 A ". En outre, en vertu des dispositions du III du même article, la retenue est calculée, selon un tarif correspondant à une durée d'un an, en appliquant un taux de 0% à la première fraction des sommes soumises à la retenue, un taux de 12% pour la fraction intermédiaire et un taux de 20% pour la fraction supérieure. Aux termes de l'article 197 B du même code : " Pour la fraction n'excédant pas la limite supérieure, fixée par l'article 182 A III, des traitements, salaires, pensions et rentes viagères de source française servis à des personnes de nationalité française qui n'ont pas leur domicile fiscal en France, l'imposition établie dans les conditions prévues à l'article 197 A a ne peut excéder la retenue à la source applicable en vertu de l'article 182 A. En outre, cette fraction n'est pas prise en compte pour le calcul de l'impôt sur le revenu établi en vertu de l'article 197 A a et la retenue à laquelle elle a donné lieu n'est pas imputable. Toutefois, le contribuable peut demander le remboursement de l'excédent de retenue à la source opérée lorsque la totalité de cette retenue excède le montant de l'impôt qui résulterait de l'application des dispositions du a de l'article 197 A à la totalité de la rémunération. / En cas de pluralité de débiteurs, la situation du contribuable est, s'il y a lieu, régularisée par voie de rôle ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour les contribuables français non domiciliés en France, ainsi d'ailleurs que pour les contribuables qui y sont assimilés en raison de l'application d'une convention fiscale bilatérale, la retenue à la source visée à l'article 182 A du code général des impôts est libératoire de l'impôt sur le revenu pour la fraction nette imposable des traitements, salaires, pensions et rentes viagères qui n'excède pas la limite d'application du taux de 20 % de la retenue par an et par bénéficiaire. Cette même fraction n'est pas prise en compte pour le calcul de l'impôt sur le revenu établi en vertu des dispositions du a de l'article 197 A et la retenue à la source prélevée au taux de 12% n'est pas imputable sur le montant de l'impôt sur le revenu ainsi établi. En ce qui concerne l'hypothèse prévue au dernier alinéa de l'article 197 B, elle correspond à celle où un contribuable français ou assimilé qui perçoit des traitements, salaires, pensions et rentes viagères de source française de plusieurs débiteurs ayant chacun prélevé la retenue à la source sur le montant du revenu qu'il verse a été insuffisamment imposé par rapport à la situation qui aurait été la sienne si le même montant global de revenu lui avait été versé par un unique débiteur.
4. Il résulte de l'instruction qu'au titre des années en litige, M. B a perçu des pensions de retraite de trois débiteurs différents. Chaque débiteur a calculé et appliqué la retenue à la source indépendamment des pensions versées par les deux autres débiteurs, faisant ainsi application des taux prévus au III de l'article 182 A du code général des impôts à la seule pension qu'il versait à M. B sans tenir compte du montant global des pensions perçues par ce dernier. Aucune retenue à la source n'a été appliquée à la pension versée par la Caisse nationale d'assurance vieillesse dont le montant était inférieur à la limite supérieure de la première fraction. En ce qui concerne les deux autres pensions, aucune retenue à la source n'a été appliquée dans la limite de la première fraction des pensions versées par chaque débiteur et un taux de 12% a été appliqué au surplus. Il en résulte que M. B a bénéficié trois fois du taux à 0% applicable à la première fraction et qu'aucune retenue à la source au taux de 20 % n'a été appliquée. Dans ces conditions, et dès lors que le montant total des retenues à la source effectivement appliquées à ses pensions de retraite ne dépassait pas le montant maximal de la retenue à la source libératoire, résultant de l'application d'un taux de 12% au montant maximal de la fraction intermédiaire de revenus, le requérant n'est pas fondé à demander la déduction des retenues à la source effectivement opérées sur ses pensions, lesquelles ne sont pas imputables sur les montants d'impôt sur le revenu. Par ailleurs, à supposer que l'intéressé ait entendu demander la décharge du montant issu de la régularisation effectuée par l'administration sur le fondement du dernier alinéa de l'article 197 B, il résulte de l'instruction que, ses pensions étant versées par une pluralité des débiteurs, l'administration était fondée à l'assujettir par voie de rôle à une cotisation d'un montant correspondant à la différence entre le montant de l'application de la retenue à la source au taux de 12% à la totalité de ses pensions dans les conditions prévues au III de l'article 182 A et le montant de la retenue à la source effectivement opérée au taux de 12%.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fins de réduction des cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles M. B a été assujetti au titre des années 2019, 2020 et 2021 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fins de remboursement du montant excédentaire versé au titre de l'année 2021.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice chargée de la direction des impôts des non-résidents.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mach, présidente,
Mme Syndique, première conseillère,
Mme Dupuy-Bardot, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La rapporteure,
N. Syndique
La présidente,
A-S. MachLa greffière,
A. Moussard
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie et au ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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