Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2401244

vendredi 29 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2401244
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par la société AM Aubervilliers d’un recours pour excès de pouvoir contre le refus implicite du maire d’Aubervilliers de délivrer un certificat de permis de construire tacite pour un immeuble de 5 logements. Postérieurement à l’introduction de la requête, la commune a délivré le certificat sollicité par un arrêté du 18 juillet 2024. En conséquence, le tribunal a constaté, sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation et d’injonction. Il a toutefois condamné la commune à verser 1 200 euros à la société requérante au titre des frais de justice (article L. 761-1 du code de justice administrative).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 26 janvier et 28 juin 2024, la société AM Aubervilliers, représentée par Me Saint-Supery demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite du 26 novembre 2023 par laquelle le maire de la commune d'Aubervilliers a rejeté sa demande tendant à la délivrance d'un certificat de permis de construire tacite portant sur la construction d'un immeuble de 5 logements, après démolition des constructions existantes, sur un terrain sis 28 chemin du Haut Saint-Denis situé sur le territoire de la commune ;

2°) d'enjoindre à la commune d'Aubervilliers de lui délivrer le certificat de permis de construire tacite sollicité dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune d'Aubervilliers la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par des mémoires en défense enregistrés les 12 juin et 1er août 2024, la commune d'Aubervilliers conclut au non-lieu à statuer.

Elle fait valoir qu'elle a délivré à la société AM Aubervilliers le certificat de permis de construire tacite sollicité.

Un mémoire, présenté par la société AM Aubervilliers et enregistré le 5 août 2024, n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours () peuvent, par ordonnance :3' Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

2. Il ressort des pièces du dossier que postérieurement à l'introduction de la requête, le maire de la commune d'Aubervilliers a, par un arrêté du 18 juillet 2024, délivré à la société AM Aubervilliers un certificat d'autorisation tacite. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête sont devenues sans objet. Il n'y a, par suite, plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune d'Aubervilliers, une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la société AM Aubervilliers et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction de la requête de la société AM Aubervilliers.

Article 2 : La commune d'Aubervilliers versera à la société AM Aubervilliers une somme de

1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société AM Aubervilliers et à la commune d'Aubervilliers.

Fait à Montreuil, le 29 novembre 2024.

La présidente de la 2ème chambre,

A-L. Delamarre

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.