Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2410091
lundi 16 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2410091 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre (JU) |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2409877 du 12 juillet 2024, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a renvoyé au tribunal administratif de Montreuil la requête de M. A C.
Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2024 au tribunal administratif de Cergy-Pontoise et le 13 juillet 2024 au tribunal administratif de Montreuil, M. C demande au tribunal d'annuler les décisions du 7 juillet 2024 par lesquelles le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Il soutient que :
- la préfecture n'apporte pas la preuve de la régularité de la délégation de signature au bénéfice de l'auteur de l'acte ;
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 novembre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Deniel, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Deniel.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant marocain né le 1er décembre 1988, demande au tribunal l'annulation des décisions du 7 juillet 2024 par lesquelles le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-31 du 2 juillet 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet des Hauts-de-Seine a donné délégation à M. B D, attaché adjoint au chef de bureau de l'asile de la préfecture des Hauts-de-Seine, à l'effet de signer les décisions portant obligation de quitter le territoire français, fixant le pays d'éloignement et portant interdiction de retour sur le territoire français. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, les décisions contestées sont prises au visa du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment des articles L. 611-1 1°, L. 612-1, L. 612-6 et L. 612-10 et L. 721-3 à L. 721-5 et exposent avec suffisamment de précisions les éléments de fait propres à la situation personnelle du requérant. Elles comportent ainsi l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et sont, par suite, suffisamment motivées.
4. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes des décisions attaquées, ni des autres pièces du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant avant l'édiction des décisions en litige.
5. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. C a déclaré lors de son audition par les services de police le 7 juillet 2024 être entré en France il y " environ 20 jours " et y être venu pour la première fois en mars 2023. Il est célibataire et sans charge de famille et ne justifie d'aucune insertion sociale ou perspective d'intégration professionnelle alors qu'il a été interpellé le 7 juillet 2024 pour des faits de violence envers une personne dépositaire de l'autorité publique. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il est dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où résident ses parents et sa fratrie. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet a entaché ses décisions d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet des Hauts-de-Seine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2024 .
La magistrate désignée,
Signé
C. DenielLa greffière,
Signé
A. Capelle
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.