Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2410933
jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2410933 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Gozlan, demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer en vue de l'examen de sa demande de titre de séjour, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans cette attente, un récépissé de demande de titre de séjour ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dans la mesure où il se trouve dans une situation précaire depuis un temps anormalement long dès lors qu'à défaut de pouvoir obtenir un titre de séjour, il ne peut pas travailler et risque l'éloignement ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative puisque qu'aucune décision implicite n'a pu naître ;
- la condition tenant au caractère utile de la mesure demandée est remplie.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Toutain, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant ivoirien né le 22 juin 1981, a entrepris des démarches afin de solliciter la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant réfugié. Il demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer en vue de l'examen de sa demande de titre et de lui délivrer un récépissé.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
4. Il résulte de l'instruction que M. B a déposé une demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant réfugié à deux reprises via le téléservice de l'administration numérique des étrangers en France (ANEF). Sa première demande déposée le 22 août 2023 a fait l'objet d'une décision de clôture au motif que le dossier ne pouvait pas, en l'état, faire l'objet d'une instruction. La seconde demande déposée le 9 février 2024 a fait l'objet d'une décision de clôture au motif qu'une demande de titre était déjà en cours d'instruction. Dans ces conditions, la demande présentée par le requérant et tendant à ce qu'il soit convoqué en préfecture fait nécessairement obstacle à l'exécution des décisions administratives qui lui ont été ainsi opposées et ne saurait, par suite, être accueillie par le juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'intérieur et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 5 décembre 2024
Le juge des référés,
E. Toutain
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.