Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2411828

vendredi 13 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2411828
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A B qui demandait qu’il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge estime que la mesure sollicitée ferait obstacle à l’exécution d’une décision administrative, la demande de renouvellement ayant été clôturée le 17 juin 2024 en raison de la séparation d’avec sa conjointe française. Il rappelle que l’intéressé peut contester cette décision de rejet par un recours pour excès de pouvoir et un référé suspension.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 19 août 2024 et 3 octobre 2024, M. C A B, représenté par Me Castejon, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui fixer un rendez-vous en préfecture en vue du dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de quarante-huit heures ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il se trouve actuellement en situation irrégulière alors même qu'il remplit les conditions de renouvellement de son titre de séjour ;

- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'il n'y a pas d'alternative à cette étape administrative qui est indispensable à la suite de la démarche visant à la délivrance d'un titre de séjour temporaire ;

- la mesure ne fait obstacle à l'exécution d'aucune mesure administrative.

Par un mémoire en défense enregistré, le 3 septembre 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la mesure sollicitée ferait obstacle à l'exécution d'une décision administrative dès lors que la demande de renouvellement de M. A B est en cours d'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 de ce code précise que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vue de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Il résulte de l'instruction que M. A B était titulaire d'un titre de séjour pluriannuel portant la mention " vie privée et familiale " jusqu'au 30 décembre 2023. Le 7 mars 2024, il a déposé une demande de renouvellement de titre de séjour, laquelle a été clôturée le 17 juin 2024 au motif qu'il est actuellement séparé de sa conjointe française. Dans ces conditions, la mesure sollicitée par M. A B doit être regardée comme faisant obstacle à l'exécution d'une décision de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Il est toutefois loisible à l'intéressé, s'il s'y croit fondé et recevable, de contester cette décision par la voie de l'excès de pouvoir et du référé à fins de suspension d'exécution.

3. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu, en l'état de l'instruction, de rejeter la requête en référé présentée par M. A B selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions.

O R D O N N E

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B et au ministre de l'intérieur.

Copie sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 13 décembre 2024.

Le juge des référés

D. Israël

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.