Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2413835

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2413835
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A C. Ce dernier demandait qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. Le tribunal a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour le requérant de justifier de circonstances particulières liées à sa situation personnelle, familiale ou professionnelle, au-delà de la précarité administrative et de démarches infructueuses. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 30 septembre et 20 novembre 2024, M. B A C, représenté par Me Haik, doit être regardé comme demandant à la juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant l'examen de sa demande, dans un délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il incombe à l'autorité administrative d'enregistrer sa demande de titre de séjour dans un délai raisonnable et qu'il justifie de circonstances particulières ;

- la condition d'utilité est remplie dès lors qu'il ne parvient pas à faire enregistrer sa demande de titre de séjour ;

- la mesure demandée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 octobre 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Jimenez, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, ressortissant algérien né le 6 juillet 1972, a entrepris des démarches le 3 août 2023 en déposant une pré-demande via le site " démarchessimplifiées.fr " afin d'obtenir un rendez-vous pour déposer sa demande de titre de séjour sur le fondement du b) et du c) de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette dernière a été classée sans suite le 19 février 2024 au motif qu'elle était incomplète. Par de nouvelles démarches du 14 mars 2024, il a à nouveau déposé une pré-demande via la même plateforme. M. A C demande au juge des référés d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer afin de faire enregistrer sa demande de titre de séjour

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. Il résulte de l'instruction que M. A C se borne à faire valoir qu'il réside habituellement en France depuis décembre 2019, qu'il a été successivement employé en qualité de plongeur puis de commis de cuisine depuis le 9 août 2021, qu'il vit avec son épouse, une compatriote, et ses trois enfants respectivement nés en 2004, 2008 et 2012 et qu'il ne représente pas une menace à l'ordre public. Par suite, à l'exception de ses démarches infructueuses répétées et de la précarité de sa situation administrative, M. A C ne fait état d'aucune autre circonstance particulière pour justifier l'urgence à obtenir une mesure du juge des référés. Dans ces conditions, il ne justifie d'aucune circonstance particulière au regard notamment de la durée et des conditions de son séjour en France, de la date et du fondement de sa demande de titre de séjour ou de sa situation personnelle et familiale permettant de caractériser une situation d'urgence nécessitant la délivrance d'un rendez-vous à bref délai.

5. Il résulte de ce qui précède que la demande de M. A C doit être rejetée, en toutes ses conclusions.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A C et ministre de l'intérieur.

Copie sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 11 décembre 2024.

La juge des référés,

J. Jimenez

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.