Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2414623

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2414623
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme A. Celle-ci demandait d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de la convoquer pour réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, en exécution d'un précédent jugement du 24 juillet 2024. Le juge estime que cette demande, visant à obtenir l'exécution d'une décision juridictionnelle, n'entre pas dans le champ des mesures pouvant être ordonnées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 octobre 2024, Mme B A, représentée par Me Simon, demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de la convoquer à un rendez-vous en vue du réexamen de sa situation administrative et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle est entrée en France afin de solliciter l'asile puis a déposé une demande d'admission au séjour pour soins le 19 février 2024 ;

- par jugement n°2408223 du 24 juillet 2024, le tribunal administratif de Montreuil a annulé l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre par le préfet de la Seine-Saint-Denis le 30 mai 2024, suite au rejet de sa demande d'asile, et a enjoint au réexamen de sa demande et à la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour ;

- la condition d'urgence est remplie, le préfet n'ayant toujours pas exécuté ce jugement ;

- l'absence de convocation par la préfecture méconnaît l'autorité de chose jugée ;

- la condition tenant à l'utilité de la mesure est remplie dès lors qu'elle n'a pas été convoquée par la préfecture, malgré les relances adressées ;

- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 novembre 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la requête est dépourvue d'objet dès lors que la requérante s'est vu délivrer une autorisation de prolongation d'instruction valable du 13 novembre 2024 au 12 février 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Toutain, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante congolaise née le 19 juillet 1987 et déclarant être entrée en France le 8 décembre 2022, a sollicité le bénéfice de la protection internationale. A la suite du rejet de la demande d'asile présentée par l'intéressée, le préfet de la Seine-Saint-Denis, par un arrêté du 30 mai 2024, lui a fait obligation de quitter le territoire français. Par un jugement n°2408223 du 24 juillet 2024, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Montreuil a annulé cette décision et a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder au réexamen de la situation de Mme A et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de la convoquer à un rendez-vous afin de procéder au réexamen ainsi ordonné et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. En l'espèce, les conclusions de Mme A tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de la convoquer à un rendez-vous afin de procéder au réexamen de sa situation et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour visent à obtenir l'exécution du jugement n°2408223 du 24 juillet 2024 mentionné au point 1. Toutefois, cette demande, qui tend ainsi à l'exécution d'une décision juridictionnelle, n'est pas au nombre de celles qui sont susceptibles d'être prononcées par le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, au ministre de l'intérieur et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 4 décembre 2024.

Le juge des référés,

E. Toutain

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.