Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2415495

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2415495
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A, ressortissant ivoirien, qui demandait d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de résident de dix ans en qualité de membre de la famille d'un réfugié (article L. 424-13 du CESEDA). Le juge estime que la demande de délivrance d'un titre de séjour ne présente pas un caractère provisoire ou conservatoire et n'entre donc pas dans le champ des mesures qu'il peut ordonner. En outre, M. A étant déjà titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'en 2026, l'urgence n'est pas démontrée. Enfin, les conclusions indemnitaires sont rejetées car elles relèvent du juge du fond ou d'une demande de provision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 octobre 2024, M. B A demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de résident valable dix ans en qualité de membre de la famille d'un étranger ayant la qualité de réfugié, sur le fondement de l'article L. 424-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

2°) de condamner l'État à lui verser somme de 225 euros, correspondant au montant du timbre fiscal qu'il a été contraint d'acquitter.

Il soutient qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer une carte de résident sur le fondement de l'article L. 424-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif a désigné M. Jimmy Robbe, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant ivoirien né le 8 mai 1983 à Duékoué (Côte-d'Ivoire), déclare être entré en France en août 2016. Il s'est d'abord vu délivrer plusieurs titres de séjour en raison de son état de santé de 2018 à 2023 puis a sollicité, le 6 juin 2023, un changement de statut en qualité de parent d'un enfant réfugié. A ce titre, le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a délivré une carte de séjour pluriannuelle valable du 18 octobre 2024 au 17 octobre 2026. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une part, d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de résident sur le fondement des dispositions de l'article L. 424-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d'autre part, de condamner l'État à lui verser somme de 225 euros, correspondant au montant du timbre fiscal qu'il a été contraint d'acquitter.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 de ce code précise que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut ainsi prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

Sur les conclusions tendant au prononcé d'une injonction :

3. Les conclusions tendant à la délivrance d'un titre de séjour à un ressortissant étranger, qui ne présentent pas de caractère provisoire ou conservatoire, n'entrent pas dans le champ des mesures que le juge des référés peut ordonner sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

4. En tout état de cause, M. A, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 18 octobre 2024 jusqu'au 17 octobre 2026, ne démontre ni n'allègue aucune circonstance particulière de nature à caractériser l'urgence de sa demande.

Sur les conclusions tendant au versement d'une somme d'argent :

5. Il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de condamner l'administration à verser une indemnité, une telle condamnation ne pouvant être prononcée que par le juge du fond ou, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative et à titre provisionnel, par le juge des référés saisi d'une demande de provision. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées de M. A ne peuvent qu'être rejetées.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête présentée par M. A.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Montreuil, le 9 décembre 2024.

Le juge des référés,

Jimmy Robbe

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.