Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2416673

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2416673
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) refusant le renouvellement de la carte professionnelle de M. B, agent de sécurité. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment l'insuffisance de motivation et l'erreur manifeste d'appréciation, n'était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, fondée sur une mise en cause pour violences conjugales. La requête a été rejetée comme manifestement mal fondée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, sans examen de la condition d'urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Chaieb, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 25 octobre 2024 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté sa demande de renouvellement de sa carte professionnelle autorisant l'exercice d'une activité privée de sécurité ;

2°) d'enjoindre au directeur du CNAPS de lui délivrer une carte professionnelle dans le délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- en ce qui concerne l'urgence : elle est établie dès lors que la décision de refus attaquée préjudicie gravement à sa situation financière et familiale, alors qu'il exerce le métier d'agent de sécurité depuis plus de dix-sept ans ;

- en ce qui concerne le moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : cette décision est insuffisamment motivée et n'a pas donné lieu préalablement à un examen sérieux de sa situation ; cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des faits au regard des conditions légales de délivrance d'une carte professionnelle, compte tenu de la présomption d'innocence ainsi que de l'absence de condamnation prononcée à son encontre et dès lors qu'il n'est pas démontré qu'il serait l'auteur des faits de violence qui lui sont imputés.

Vu la décision attaquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Charageat, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B était titulaire d'une carte professionnelle autorisant l'exercice d'une activité privée de sécurité, dont il a demandé le renouvellement le 15 juillet 2024. Par une décision n° CAR-IDF2-2024-10-25-A-00139150 du 25 octobre 2024, le directeur du CNAPS a refusé de renouveler cette carte. M. B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. Il résulte de l'instruction que le directeur du CNAPS a refusé de délivrer une carte professionnelle à M. B au motif que ce dernier avait été mis en cause le 23 juillet 2024 en tant qu'auteur de faits violences conjugales qui ont donné lieu à une plainte déposée par son épouse auprès des services de police le 24 juillet 2024. Si le requérant allègue notamment qu'il n'a fait l'objet d'aucune condamnation, qu'il a refusé d'accomplir le stage de sensibilisation aux violences conjugales prescrit par le procureur de la République et se prévaut de la rétractation de la plainte de son épouse formulée par deux lettres rédigées sur papier libre, en l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige. Ainsi, la requête est manifestement mal fondée. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence, il y a lieu de la rejeter selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au Conseil national des activités privées de sécurité.

Fait à Montreuil, le 2 décembre 2024.

Le juge des référés,

D. Charageat

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.