Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2416867
lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2416867 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 novembre 2024, M. A B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 7 novembre 2024 prise par le service de gestion comptable de Saint-Ouen-sur-Seine, portant saisie administrative ;
2°) de mettre à la charge du service de gestion comptable de Saint-Ouen-sur-Seine la somme de 1 500 euros à lui verser dans un délai de 5 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la retenue sur ses allocations conséquence directe de la saisie administrative le place dans une situation de précarité financière en dépit de son statut de chômeur et du fait qu'il est marié et père de six enfants dont quatre à charge et que dans ces conditions la décision attaquée met en péril sa capacité à s'acquitter de ses charges mensuelles ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, dès lors qu'elle méconnait le principe de non rétroactivité des actes administratifs,
Vu :
- la requête enregistrée le 25 novembre 2024 sous le n°2416820, tendant à l'annulation de la décision du 7 novembre 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Tukov, vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'article L. 522-3 de ce code précise que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Il résulte de l'instruction que la requête de M. B a été introduite postérieurement à l'exécution de la saisie administrative en litige, exécutée par les services de France Travail le 11 novembre 2024. Dans ces conditions, une demande tendant à la suspension de son exécution présentée tardivement est dépourvue d'objet et par suite manifestement irrecevable.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B aux fins de suspension doivent être rejetées par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doivent également être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Montreuil, le 2 décembre 2024.
Le juge des référés,
C. Tukov
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2416867