Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2417167

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2417167
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B C. Celle-ci demandait qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour de membre de la famille d'un citoyen de l'Union européenne, ou à défaut une autorisation provisoire de séjour. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas satisfaite, la requérante se bornant à affirmer être privée de ses droits sociaux sans faire état de circonstances particulières et précises justifiant une intervention dans un délai de quarante-huit heures. En conséquence, la requête a été rejetée comme manifestement mal fondée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 décembre 2024, Mme A B C, représentée par Me da Silva, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer, dans un délai d'une semaine à compter de l'ordonnance à intervenir, la carte de séjour de membre de la famille d'un citoyen de l'Union européenne, sous astreinte de 200 € par jour de retard, ou, à tout le moins, d'achever définitivement l'instruction de sa situation selon des modalités d'échanges y compris numériques convenables et de se prononcer dans un délai maximum de deux semaines à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 € par jour de retard et de lui délivrer dans l'attente, soit à compter de l'ordonnance à intervenir, une autorisation provisoire de séjour (APS) portant la mention " membre de la famille d'un citoyen de l'Union européenne ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer la carte de séjour demandée sans qu'elle se voit obligée de payer la taxe afférente à la fabrication de cette carte.

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle se retrouve privée de ses droits sociaux ;

- la carence de l'administration porte une atteinte manifestement grave et illégale à sa liberté d'aller et venir, à son droit de mener une vie privée et familiale normale, à son droit au séjour,

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Tukov, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande présentée sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. "

2. Il appartient au requérant, qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de justifier de circonstances particulières caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Pour justifier de l'urgence de sa situation, Mme B C se borne à affirmer qu'elle se retrouve privée de ses droits sociaux sans faire état de circonstances particulières et précises à propos de sa situation personnelle, justifiant que le juge des référés prenne dans un délai de quarante-huit heures, une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale. Il en découle que la condition d'urgence prévue par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne peut pas être regardée comme satisfaite.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B C aux fins d'injonction doivent être rejetées par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doivent également être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B C est rejetée

Article 2 : Le présente ordonnance sera notifiée à M. A B C.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis

Fait à Montreuil, le 3 décembre 2024.

Le juge des référés,

C. Tukov

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2417167