Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2417266
mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2417266 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Ottou, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Seine-Saint-Denis, de le convoquer en vue de lui remettre un titre de séjour, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer, dans l'attente du réexamen de sa demande de titre de séjour, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Ottou, son avocate, au titre des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que cette dernière renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle et si sa demande devait être rejetée, de lui verser cette somme.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'entré sur le territoire français en qualité de mineur isolé, il a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance et a bénéficié à sa majorité d'un contrat jeune majeur ; qu'il travaille sous couvert d'un contrat à durée indéterminée et bénéficie de récépissé, qui lui sont régulièrement renouvelés ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, à son droit au travail et à mener une vie privée et familiale, qui constituent des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme de Bouttemont, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. La condition d'urgence posée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce. Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement de ces dispositions doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article.
3. M. A, ressortissant algérien né le 11 mars 2004, a sollicité le 24 février 2023 son admission exceptionnelle au séjour. Il s'est vu remettre un récépissé de carte de séjour de trois mois, régulièrement renouvelé dont le dernier a expiré le 3 décembre 2024. Il demande d'enjoindre au préfet de lui remettre un titre de séjour, ou à défaut, dans l'attente de sa demande une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
4. Pour justifier d'une situation d'urgence particulière, il fait valoir qu'entré sur le territoire français en qualité de mineur isolé en décembre 2021, il a bénéficié à sa majorité d'un contrat jeune majeur et qu'il travaille sous couvert d'un contrat à durée indéterminée depuis 2023. Toutefois, ces circonstances ne suffisent pas, à elles-seules, à établir une situation d'urgence particulière à quarante-huit heures rendant nécessaire l'intervention à très bref délai du juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, la condition d'urgence particulière n'est pas remplie.
5. Toutefois, cette circonstance ne fait pas obstacle à ce que M. A saisisse, s'il s'y croit fondé, le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative afin de demander la suspension de la décision de refus du préfet de lui renouveler son récépissé de carte de séjour voire, le cas échéant, de la décision implicite de refus de renouvellement opposée à sa demande de titre de séjour.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il y ait lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, que la requête de M. A doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 4 décembre 2024.
La juge des référés,
M. de Bouttemont
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.