Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2417609

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2417609
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B, ressortissant gabonais. Ce dernier demandait la réouverture de l'instruction de sa demande de changement de titre de séjour et la délivrance d'un document de séjour, invoquant une atteinte grave à ses libertés fondamentales. Le juge a estimé que le requérant ne justifiait pas d'une situation d'urgence caractérisée ni d'une illégalité manifeste, conditions nécessaires à l'application de cette procédure d'urgence. La requête a donc été rejetée sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 décembre 2024, M. A B demande au juge des référés :

1°) d'ordonner au préfet de la Seine-Saint-Denis la réouverture de l'instruction de la demande n° 9308202306040380247 de changement de titre de séjour et de lui communiquer une réponse définitive dans un délai de quarante-huit heures à compter de l'ordonnance à intervenir, à titre subsidiaire, de traiter la demande n° 9303202412041607273 de renouvellement de titre de séjour dans un délai raisonnable et de lui délivrer un document justifiant de la régularité de son séjour, dans un délai de deux jours à compter de la décision du tribunal, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors que depuis la clôture de l'instruction de sa demande il peut à tout moment faire l'objet d'une mesure d'éloignement et qu'il ne peut obtenir d'attestation de prolongation d'instruction, justifier de la régularité de son séjour ni exercer une activité professionnelle en France ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d'aller et venir, au droit de travailler et d'obtenir un emploi ainsi qu'au droit de mener une vie familiale normale, dès lors que la décision de clôture de sa demande prise le 2 décembre 2024 est entachée d'irrégularités compte tenu de la méconnaissance du principe de non-rétroactivité de la loi et du délai excessif de traitement de sa demande.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Charageat, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative que lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée à cet article, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

3. Il résulte de l'instruction que M. B, ressortissant gabonais né le 22 mai 1973, qui était titulaire d'un titre de séjour portant la mention " passeport talent - salarié qualifié " valable jusqu'au 4 mai 2024, a déposé le 4 juin 2023 une demande de titre de séjour portant la mention " passeport talent - mandataire social ", enregistrée sous le numéro 9308202306040380247, qui a fait l'objet d'une clôture dont le requérant déclare avoir pris connaissance le 2 décembre 2024. Par ses allégations relatives notamment au délai de traitement de sa demande de délivrance d'un nouveau titre de séjour ainsi qu'aux motifs de la décision de clôture mentionnée ci-dessus, insusceptibles de caractériser l'existence d'une illégalité manifeste, le requérant n'apporte pas d'élément permettant d'établir l'existence d'une situation d'urgence caractérisée rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale dans les brefs délais prévus par l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 11 décembre 2024.

Le juge des référés,

D. Charageat

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.