**Sujet principal** : Demande en référé-liberté visant à annuler un refus implicite de renouvellement de titre de séjour et à enjoindre sa délivrance.
**Juridiction** : Tribunal administratif de Montreuil (formation de référé).
**Solution retenue** : La requête est rejetée car elle est jugée irrecevable (ne sollicitant pas de mesures provisoires) et ne justifie pas de l'urgence requise, la requérante étant en situation irrégulière depuis plusieurs années.
**Textes appliqués** : Articles L. 521-2 (conditions du référé-liberté) et L. 522-3 (rejet sans instruction) du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 mars 2026, Mme A... B... doit être regardée comme demandant au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d’annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé sa demande tendant au renouvellement de son titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer le titre de séjour sollicité.
Elle soutient que son dernier titre de séjour a expiré en 2018 et qu’elle n’a pas été en mesure de le faire renouveler depuis lors malgré ses diverses démarches du fait de l’appréhension erronée par l’administration du maintien de son mariage.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Desimon, premier conseiller, pour statuer sur les demandes en référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». L’usage par le juge des référés des pouvoirs qu’il tient de ces dispositions est subordonné à la condition qu’une urgence particulière rende nécessaire l’intervention dans les quarante-huit heures d’une mesure destinée à la sauvegarde d’une liberté fondamentale.
En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
Les conclusions de Mme B... ne tendent pas à solliciter du juge des référés qu’il prescrive des mesures provisoires. Par conséquent, sa requête est manifestement irrecevable.
Au demeurant, compte tenu de la temporalité de ses démarches, au vu de l’ensemble des pièces du dossier, alors qu’elle se trouve en situation irrégulière au regard du droit au séjour depuis plusieurs années, celle-ci ne justifie pas d’une situation d’urgence.
Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Montreuil, le 26 mars 2026.
Le juge des référés,
F. DESIMON
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.