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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2613228

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2613228

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2613228
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET TOMASI-DUMOULIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 juin 2026, Mme B... A..., représentée par Me Barthod, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de prononcer son admission provisoire à l’aide juridictionnelle ;

2°) de suspendre l’exécution de la décision par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

3°) d’enjoindre au préfet compétent de lui délivrer provisoirement un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » ou, à défaut, tout autre document en tenant lieu et l'autorisant à travailler, à renouveler sans discontinuité jusqu’au jugement au fond ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à Me Barthod en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, sous réserve que cette avocate renonce à percevoir la part contributive de l’Etat.

Elle soutient que l’urgence est caractérisée dès lors qu’elle a déposé sa demande de titre de séjour il y a plus de trois ans et qu’elle est maintenue dans une situation de précarité par l’administration alors en outre qu’elle peut désormais prétendre de plein droit à la délivrance d’un titre de séjour en sa qualité de parent d’un enfant français, consécutivement à l’acquisition de la nationalité française par sa fille en octobre 2025.

Vu :
- la requête n° 2613197 enregistrée le 8 juin 2026, tendant à l’annulation de la décision en litige ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Charageat, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :

1. Mme A..., ressortissante philippine née le 11 février 1982, a déposé le 16 février 2023, auprès de la préfecture de la Seine-Saint-Denis, une demande de carte de séjour au titre de l’admission exceptionnelle au séjour. Estimant que cette demande a été implicitement rejetée compte tenu du silence gardé par l’administration, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, à titre principal, d’ordonner la suspension de l’exécution de cette décision implicite.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit (...) justifier de l'urgence de l'affaire (…) ». En vertu de l’article L. 522‑3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

3. L’urgence justifie la suspension de l’exécution d’un acte administratif lorsque celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. Mme A... se prévaut de l’urgence qui s’attacherait à la suspension sollicitée eu égard aux conséquences de la décision en litige sur sa situation personnelle. Toutefois, la requérante ne justifie pas des circonstances particulières mentionnées au point 3, alors au demeurant que si elle déclare séjourner en France depuis l’année 2009, elle a attendu plusieurs années avant de demander la délivrance d’un premier titre de séjour, qu’elle n’a demandé l’annulation de cette décision, qui serait née le 16 juin 2023, que par la requête susvisée n° 2613197 enregistrée le 8 juin 2026 et qu’il lui appartient le cas échéant de solliciter, selon la procédure en vigueur, la délivrance d’un titre de séjour en sa qualité de parent d’un enfant français mineur. Ainsi, la condition d’urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative précité ne peut être regardée comme remplie. Il suit de là, sans qu’il y ait lieu d’accorder l'aide juridictionnelle demandée ni qu’il soit besoin de se prononcer sur l’existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



O R D O N N E :





Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....


Fait à Montreuil, le 1er juillet 2026.


Le juge des référés,




D. Charageat


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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