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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2006193

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2006193

mardi 29 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2006193
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantCABINET CALLON AVOCATS & CONSEIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°2001641 en date du 29 juin 2020, enregistrée au greffe du tribunal le 7 juillet 2020, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise, sur le fondement de l'article R. 312-12 du code de justice administrative, la requête de Mmes J et I K, de MM. G et F K et de Mme H E, enregistrée le 3 mars 2020.

Par cette requête et un mémoire complémentaire, enregistré le 28 janvier 2022, les consorts K et E, représentés par Me Callon, demandent au tribunal :

1°) d'annuler les décisions nées du silence gardé par le préfet des Yvelines et le Centre interdépartemental de gestion (CIG) de la Grande Couronne de la région d'Île-de-France sur leur demande indemnitaire préalable reçue le 24 décembre 2019 ;

2°) de condamner solidairement l'Etat et le CIG de la Grande Couronne de la région d'Île-de-France à leur verser la somme totale de 117 000 euros en réparation des irrégularités entachant l'avis du 14 juin 2018 du comité médical interdépartemental des agents territoriaux ;

3°) de mettre solidairement à la charge de l'Etat et du CIG de la Grande Couronne de la région d'Île-de-France la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'avis rendu le 14 juin 2018 par le comité médical interdépartemental des agents territoriaux est entaché d'irrégularités à l'origine du suicide N K survenu le 22 août 2018 ;

- ce comité médical était irrégulièrement composé dès lors que :

. la feuille d'émargement est signée par tous les médecins convoqués, l'extrait du procès-verbal n'est pas signé par le médecin chargé du secrétariat ni par les médecins généralistes mais par le médecin spécialiste et par un agent administratif ;

. certains des médecins le composant ne sont pas inscrits auprès de l'ordre des médecins ;

. il est permis de s'interroger sur l'âge des médecins ayant siégé, dont certains sont retraités et ne réalisent plus d'expertise médicale ;

. son dossier n'a pas été examiné le 14 juin 2018 mais le 12 juin 2018 ; ni N Barrere-Burg ni le médecin de prévention n'ont été prévenus de ce changement de date ; le médecin de prévention n'a pas pu être présent le 12 juin 2018 ;

- le comité médical interdépartemental des agents territoriaux était tenu de reprendre les réserves émises par le docteur L quant à la reprise de service N K ; il ne pouvait se borner à se prononcer sur sa seule aptitude professionnelle ;

- N K n'a pas été informé des suites données à la contestation qu'il avait formulée contre l'avis du 14 juin 2018 ;

- N K souffrait d'un syndrome de stress post-traumatique lié au climat de harcèlement qui régnait dans son ancien service, comme en témoignent les attestations de médecins en charge de son suivi psychologique et comme l'a implicitement reconnu le médecin psychiatre ayant siégé au sein du comité médical interdépartemental des agents territoriaux ; il a été demandé au médecin psychiatre ayant siégé au sein du comité médical de ne pas tenir compte de ces faits de harcèlement moral ;

- la responsabilité de l'Etat et du CIG est engagée du fait de ces défaillances dans le déroulement de la procédure ayant trait au renouvellement de son congé de maladie ;

- le préjudice d'affection des parents N K, Mme J et M. G K, pourra être réparé par la somme de 30 000 euros, de même que celui de sa compagne, Mme E ; le préjudice d'affection de la sœur N K, Mme I K, pourra être réparé par la somme de 12 000 euros et celui de son oncle, M. F K par la somme de 8 000 euros ; Mme J K a droit au versement de la somme de 7 000 euros correspondant au montant des frais d'obsèques N K restés à sa charge.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 juin 2021 et 29 juillet 2022, le Centre interdépartemental de gestion (CIG) de la Grande Couronne de la région d'Île-de-France conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable en ce qu'elle porte sur la contestation de l'avis du comité médical du 14 juin 2018 qui n'est pas susceptible de recours ;

- la composition du comité médical du 14 juin 2018 n'est pas entachée d'irrégularité ;

- dans cet avis, le comité s'est borné à se prononcer sur l'aptitude N Barrere-Burg à reprendre ses fonctions ; il appartenait ensuite au médecin de prévention d'étudier les modalités de reprise compatibles avec l'était de santé de l'agent ; l'avis n'avait pas nécessairement à reprendre les réserves émises par des médecins extérieures au comité ; il ne lui appartenait pas non plus de se prononcer sur l'éventuelle existence d'un lien entre la pathologie de l'intéressé et son environnement professionnel ;

- les faits de harcèlement et le traumatisme professionnel dont se prévalent les proches N K n'ont jamais fait l'objet d'une demande de reconnaissance d'imputabilité au service.

La commune de Pontoise a produit une pièce le 3 juillet 2024.

Les écritures ont été adressées au préfet des Yvelines qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n°87-602 du 30 juillet 1987 ;

- le code de justice administrative.

Par ordonnance du 4 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er octobre suivant.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Fléjou,

- les conclusions de Mme David-Brochen, rapporteure publique,

- et les observations de Mme C pour le CIG de la Grande Couronne de la région d'Île-de-France.

Considérant ce qui suit :

1. N K, né le 27 janvier 1979, était adjoint administratif territorial du patrimoine de 2ème classe, employé par la commune de Pontoise en qualité d'agent de musée. A compter du 23 mai 2015, il a été placé en congé de maladie. Il a ensuite été placé en congé de longue maladie du 17 novembre 2015 au 16 mai 2016, puis a bénéficié d'un congé de longue durée à compter du 16 mai 2017. La situation N K a de nouveau été examinée par le comité médical interdépartemental des agents territoriaux le 14 juin 2018, qui a émis un avis favorable à une " reprise de fonctions sur son poste à temps complet ". Par un arrêté du 11 juillet suivant, le maire de la commune de Pontoise a placé N K en congé de longue durée jusqu'au 31 juillet 2018 inclus et l'a déclaré apte à la reprise de ses fonctions sur son poste à temps complet à compter du 1er août 2018. Le 24 juillet 2018, N K a indiqué à la commune de Pontoise qu'il souhaitait contester l'avis du comité médical interdépartemental du 14 juin 2018. Le 22 août suivant, N K est décédé. Par des courriers du 23 décembre 2019, reçus le lendemain, les parents, la sœur, l'oncle et la compagne N K ont adressé une demande préalable d'indemnisation au préfet des Yvelines ainsi qu'au Centre interdépartemental de gestion de la Grande couronne d'Ile-de-France, ci-après dénommé CIG, qui exerce, sous la responsabilité de ce préfet notamment, au nom de l'Etat, le secrétariat du comité médical interdépartemental des agents territoriaux. Ces derniers ont gardé le silence sur ces demandes. Par la présente requête, les consorts K et Mme E doivent être regardés comme demandant l'indemnisation de préjudices résultant selon eux de " défaillances survenues lors de l'instruction du dossier médical N K par le CIG ".

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Les consorts K et Mme E soutiennent que l'avis du comité médical interdépartemental des agents territoriaux du 14 juin 2018 estimant qu'Olivier Barrere-Burg était " apte à la reprise de ses fonctions sur son poste à temps complet " est entachée d'irrégularités qui sont à l'origine de son suicide.

En ce qui concerne les irrégularités alléguées de l'avis du comité médical interdépartemental des agents territoriaux du 14 juin 2018 :

S'agissant de la composition de ce comité médical :

3. Aux termes de l'article 1er du décret du 30 juillet 1987 dans sa version en vigueur du 2 juin 2013 au 14 mars 2022 : " Une liste de médecins agréés généralistes et spécialistes est établie dans chaque département par le préfet sur proposition du directeur général de l'agence régionale de santé, après avis du Conseil départemental de l'ordre des médecins et du ou des syndicats départementaux des médecins. / Les médecins agréés sont choisis, sur leur demande ou avec leur accord, parmi les praticiens âgés de moins de soixante-treize ans ayant au moins trois ans d'exercice professionnel, dont, pour les généralistes, un an au moins dans le département pour lequel la liste est établie. / Cet agrément est donné pour une durée de trois ans. Il est renouvelable. Aux termes de l'article 3 du même décret dans sa version en vigueur du 7 mai 2015 au 14 mars 2022 : " Chaque comité comprend deux praticiens de médecine générale et, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste de l'affection dont est atteint le fonctionnaire qui demande à bénéficier du congé de longue maladie ou de longue durée prévu au 3° ou au 4° de l'article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 susvisée. () "

4. En l'espèce, il résulte de l'instruction, en particulier de la feuille d'émargement et de l'extrait du procès-verbal de la séance du comité médical interdépartemental du 14 juin 2018, que les docteurs Claude Levillain et Thierry B, médecins rhumatologues, Gilles Sevestre et Janine Penot, médecins généralistes et Ali Hamdane, et Teim Ghanem, médecins psychiatres, ont siégé lors de cette séance. Par ailleurs, conformément à la circulaire dont se prévalent les requérants, l'extrait du procès-verbal est signé par le médecin chargé du secrétariat du comité. Si le procès-verbal n'est signé quant à lui que par le médecin spécialiste, cette seule circonstance ne saurait faire regarder la composition du comité comme non conforme aux dispositions précitées de l'article 1er. En outre, il résulte de l'instruction que ces médecins ont été nommés, après avis du Conseil départemental de l'ordre des médecins, pour y siéger par un arrêté conjoint des préfets des Yvelines, de l'Essonne et du Val-d'Oise portant désignation des membres du comité médical interdépartemental pour les collectivités relevant du CIG de la Grande Couronne d'Ile-de-France versé à l'instance. Il résulte également de l'instruction que, si le docteur B était âgé de plus de soixante-treize ans à la date de la séance du comité, ce n'était pas le cas des deux médecins généralistes ni des autres médecins spécialistes de l'affectation dont était atteint N Barrere-Burg. Les requérants ne sont dès lors pas fondés à soutenir que le comité médical interdépartemental n'était pas régulièrement composé au cours de la séance du 14 juin 2018.

S'agissant des modalités de tenue de ce comité médical :

5. Aux termes de l'article 4 du décret du 30 juillet 1987 dans sa version en vigueur du 7 mai 2015 au 14 mars 2022 : " () Le secrétariat du comité médical informe le fonctionnaire : / - de la date à laquelle le comité médical examinera son dossier ; / - de ses droits concernant la communication de son dossier et de la possibilité de faire entendre le médecin de son choix () ".

6. Si les requérants soutiennent que le dossier N K a été étudié le 12 juin 2018 au lieu du 14 juin suivant, sans qu'il en ait été informé et sans que le médecin de prévention n'en soit davantage avisé, il résulte de l'instruction, en particulier du courriel du 11 juin 2018 de Mme A, chargée de l'organisation de la séance du 14 juin 2018, et du courrier du 25 février 2019, rédigé par la directrice du département expertise du CIG, que si les dossiers de la séance du 14 juin 2018, dont celui N K, ont été mis à disposition des médecins chargés d'étudier sa demande dès le 12 juin, l'avis en litige n'a été rendu que 14 juin 2018, comme en avaient été informés le requérant et le médecin de prévention par des courriers du 5 juin 2018. Les requérants ne sont dès lors fondés à se prévaloir d'aucune irrégularité à ce titre.

S'agissant de l'absence de prise en compte par le comité médical de la restriction émise par le médecin agréé :

7. Aux termes de l'article 18 du décret du 30 juillet 1987 : " Le fonctionnaire qui est dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions par suite d'une maladie grave et invalidante nécessitant un traitement et des soins prolongés est mis en congé de longue maladie, selon la procédure définie à l'article 25 ci-dessous. () ". Aux termes de l'article 25 du même décret dans sa version en vigueur du 19 novembre 2008 au 14 mars 2022 : " () Le médecin traitant adresse directement au secrétaire du comité médical compétent un résumé de ses observations et les pièces justificatives qui peuvent être prescrites dans certains cas par l'arrêté visé à l'article 39 du présent décret. / Au vu de ces pièces, le secrétaire du comité médical fait procéder à la contre-visite du demandeur par un médecin agréé compétent pour l'affection en cause. () ".

8. Aux termes de l'article 33 du décret du 30 juillet 1987 dans sa version en vigueur du 7 mai 2015 au 14 mars 2022 : " Le comité médical, consulté sur l'aptitude d'un fonctionnaire territorial mis en congé de longue maladie ou de longue durée à reprendre l'exercice de ses fonctions, peut formuler des recommandations sur les conditions d'emploi de l'intéressé sans qu'il puisse porter atteinte à sa situation administrative. () "

9. En l'espèce, il est constant que le médecin agréé chargé de la contre-visite de N K a estimé que ce dernier était apte à reprendre le travail à temps plein sous réserve d'un changement d'affectation, " dans son lieu de vie et de traitement " à C., réserve qui n'a pas été reprise par le comité médical interdépartemental dans son avis du 14 juin 2018. Toutefois, si l'avis du médecin agréé était requis, cet avis ne liait pas ce comité médical auquel il appartenait seulement d'émettre un avis final sur l'aptitude ou l'inaptitude N K. En tout état de cause, comme le fait valoir le CIG en défense, s'il était loisible au comité médical de se prononcer sur les conditions de son emploi, il ne lui appartenait nullement de se prononcer sur le lieu d'affectation N K. Aucune irrégularité à ce titre ne peut être retenue.

S'agissant de l'absence de prise en compte par le comité médical des allégations de harcèlement moral :

10. Les requérants soutiennent qu'Olivier K a été victime de faits de harcèlement moral " pendant des années ", à l'origine d'un " stress post traumatique ", dont le comité médical n'a pas tenu compte avant de rendre son avis. Toutefois, il est constant que le comité médical avait effectivement eu connaissance de certificats rédigés par le docteur M, médecin psychiatre, dans lesquels celle-ci évoque les difficultés psychologiques dont souffrait son patient en lien avec le poste qu'il occupait en 2015. Dans le certificat adressé au comité médical le 13 avril 2018, elle rappelle notamment qu'elle suivait N K depuis juillet 2015 suite à " une tentative de suicide dans le contexte d'un trouble de l'adaptation avec humeur triste, liés à ses conditions de travail ", évoque son " stress au travail " et la " recrudescence des angoisses et une consommation ponctuelle d'alcool devant les échéances des arrêts de travail ". Ainsi, il résulte de l'instruction que le comité médical interdépartemental, à qui il n'appartenait en tout état de cause pas de se prononcer sur l'éventuelle existence d'un lien entre la pathologie de l'intéressé et son environnement professionnel, avait eu connaissance des antécédents professionnels N K avant de rendre son avis alors, ainsi qu'il a été dit au point 9, qu'il n'appartenait pas davantage à ce comité de se prononcer sur le lieu d'affectation N K. Enfin, si les requérants soutiennent que le médecin psychiatre ayant siégé au sein du comité médical a eu pour consigne de ne pas tenir compte de faits de harcèlement moral dont N K aurait été victime, il n'en justifie aucunement. Aucune irrégularité à ce titre ne peut être retenue.

En ce qui concerne les modalités d'information à la suite de la contestation de l'avis du comité médical :

11. Aux termes de l'article 25 du décret du 30 juillet 1987 dans sa version en vigueur du 19 novembre 2008 au 14 mars 2022 : " () L'avis du comité médical est transmis à l'autorité territoriale qui, en cas de contestation de sa part ou du fonctionnaire intéressé, le soumet pour avis au comité médical supérieur visé à l'article 5 du présent décret. () "

12. En l'espèce, il résulte de l'instruction qu'Olivier K a contesté l'avis du 14 juin 2018 en adressant à la commune de Pontoise un courriel le 24 juillet 2018 ainsi qu'un courrier reçu par celle-ci le 1er août 2018. Il résulte en outre de l'instruction que la commune a transmis ces pièces au CIG par un courrier du 2 août suivant. A supposer que les requérants soutiennent que les défenderesses ont commis une faute en ne tenant pas informé N Barrere-Burg de l'avancée de sa contestation, aucune disposition légale ou réglementaire ne prévoit une obligation d'information de l'agent quant à l'état d'avancement de sa demande de saisine du comité médical supérieur. De plus, il ne résulte pas de l'instruction qu'Olivier K aurait cherché en vain à obtenir des informations sur l'avancée de son dossier. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à rechercher la responsabilité de l'Etat et du CIG pour un quelconque manquement à ce titre.

En ce qui concerne l'engagement de la responsabilité de l'Etat et du CIG :

13. Il résulte de ce qui précède que les consorts K et Mme E n'établissent pas que la procédure au terme de laquelle le comité médical interdépartemental s'est prononcé, par un avis du 14 juin 2018, sur la demande de renouvellement de congé de longue durée N K, sur sa réintégration à l'issue de celui-ci et sur son aptitude aux fonctions et l'aménagement de son poste est entachée d'irrégularités ni l'existence d'un manquement fautif dans l'information de celui-ci à la suite de la contestation de l'avis du comité médical.

14. Il ne résulte, en tout état de cause, pas de l'instruction, qu'il existerait un lien direct et certain entre les irrégularités soulevées et le suicide N K. Il résulte à cet égard de l'instruction et notamment du certificat rédigé le 6 novembre 2018 par Mme M., psychothérapeute en charge du suivi de ce dernier depuis 2014, que le geste N K serait intervenu suite à la réception " d'un courrier de son employeur pour envisager la reprise du travail ". Par ailleurs, il résulte de l'instruction, en particulier de plusieurs certificats rédigés à compter de 2015 par le docteur D, psychiatre, qu'Olivier K souffrait d'une dépression depuis plusieurs années en lien avec " un contexte de surmenage et de problématique sur son lieu de travail ", s'étant manifestée par " un passage à l'acte suicidaire " et des " conduites addictives ", sans qu'aucun de ces certificats ne fasse référence à l'avis du comité médical interdépartemental litigieux. Il est également constant que, par un arrêté du 11 juillet 2018, la commune de Pontoise s'est approprié l'avis du comité médical du 14 juin 2018 et a décidé de la reprise par N K sur " ses fonctions sur son poste à temps complet " à compter du 1er août 2018. Il est aussi constant que le requérant a adressé un courriel à la commune de Pontoise, dans lequel il l'informe qu'à la suite du " courrier reçu le 16 juillet relatif au renouvellement du congé longue durée et [à sa] reprise à temps complet ", il " conteste l'avis émis par le comité médical du 14 juin 2018 ". Il résulte également de l'instruction que l'intéressé a renouvelé cette contestation par un courrier reçu le 1er août 2018 par la commune de Pontoise, dans lequel il a en outre informé celle-ci qu'il bénéficiait d'un arrêt de travail, joint à ce courrier, délivré par le docteur D le 27 juillet 2018 et valable jusqu'au 30 septembre suivant. Il s'ensuit qu'à la date de son décès, le requérant qui entendait contester l'avis du 14 juin 2018, n'avait pas repris ses fonctions. Dans ces conditions, les requérants n'établissent pas, par la production des seuls certificats versés à l'instance, l'existence d'un lien de causalité direct et certain entre les irrégularités alléguées et le suicide N K.

15. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par le CIG en défense, que les conclusions indemnitaires doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

16. Par voie de conséquence du rejet de leurs conclusions indemnitaires, les conclusions relatives aux frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mmes J et I K, de MM. G et F K et de Mme H E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme J K, représentante unique des requérants, au préfet des Yvelines, à la commune de Pontoise et au Centre interdépartemental de gestion de la Grande Couronne de la région d'Île-de-France.

Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Drevon-Coblence, présidente,

Mme Fléjou, première conseillère et Mme Moinecourt, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.

La rapporteure,

signé

V. Fléjou

La présidente,

signé

E. Drevon-CoblenceLa greffière,

signé

D. Charleston

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2006193

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