Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2104997

lundi 30 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2104997
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCHAUMANET

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise, saisi par la société Logirep d’une demande d’indemnisation pour le refus de concours de la force publique lors d’une expulsion, constate que les parties ont conclu une transaction le 16 novembre 2021, réparant l’intégralité des préjudices pour la période concernée. En conséquence, le tribunal prononce un non-lieu à statuer sur les conclusions indemnitaires des deux requêtes, devenues sans objet. Les demandes de frais de justice sont rejetées. La décision se fonde sur les articles L. 153-2 du code des procédures civiles d’exécution et L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I- Par une requête n° 2104997 enregistrée le 14 avril 2021, la société Logirep, représentée par Me Cayla-Destrem, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser à titre de provision, la somme de 5 893,87 euros en réparation du préjudice subi des suites du refus de concours de la force publique qui lui a été opposé ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 750 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la responsabilité de l'Etat est engagée, sur le fondement de l'article L. 153-2 du code des procédures civiles d'exécution, compte tenu de l'octroi tardif du concours de la force publique ;

- la charge qu'elle subit est spéciale dès lors qu'elle pèse sur elle en sa qualité de bénéficiaire d'une décision de justice qui lui est propre ; elle est anormale dès lors que les décisions de justice sont exécutoires ;

- le refus de concours de la force publique qui lui a été opposé lui donne droit au versement d'une provision à hauteur de 5 893,57 euros pour la période allant du 1er décembre 2019 au 30 septembre 2020.

Les parties ont été informées par un courrier en date du 2 décembre 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que la requête en référé provision était susceptible de faire l'objet d'un non-lieu dès lors que le jugement à intervenir au fond dans la requête n° 2105003 doit statuer sur les conclusions indemnitaires présentées au même titre.

II- Par une requête n° 215003 enregistrée le 14 avril 2021, la société Logirep, représentée par Me Cayla-Destrem, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 5 893,87 euros en réparation du préjudice subi des suites du refus de concours de la force publique qui lui a été opposé ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la responsabilité de l'Etat est engagée, sur le fondement de l'article L. 153-2 du code des procédures civiles d'exécution, compte tenu de l'octroi tardif du concours de la force publique ;

- la charge qu'elle subit est spéciale dès lors qu'elle pèse sur elle en sa qualité de bénéficiaire d'une décision de justice qui lui est propre ; elle est anormale dès lors que les décisions de justice sont exécutoires ;

- le refus de concours de la force publique qui lui a été opposé lui donne droit à une provision à hauteur de 5 893,57 euros pour la période allant du 1er décembre 2019 au 30 septembre 2020.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 décembre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut à ce que les demandes de la requérante sont devenues sans objet, un protocole transactionnel ayant été accepté par la société requérante pour la période du 1er décembre 2019 au 30 septembre 2020.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code des procédures civiles d'exécution ;

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Edert a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. Par une ordonnance en date du 6 février 2019, le tribunal d'instance de Puteaux a constaté la résiliation du bail liant la société Logirep à M. A pour un logement situé 82 rue Paul Morin à Nanterre et a ordonné l'expulsion des lieux de ce dernier ainsi que celles de tous occupants de son chef au besoin avec le concours de la force publique. Ce jugement a été signifié à M. A le 25 février 2019. Un commandement de quitter les lieux leur a été signifié le 4 mars 2019 et une copie du commandement de quitter les lieux a été notifiée à la préfecture des Hauts-de-Seine le 13 mars 2019. Après une vaine tentative d'expulsion le 17 mai 2019, l'huissier de justice a requis, le 17 mai 2019, le concours de la force publique pour procéder à l'expulsion des locataires. Cette demande a cependant été implicitement rejetée par le préfet des Hauts-de-Seine. Par un courrier en date du 18 décembre 2020, réceptionné le 20 décembre 2020, la société Logirep a demandé l'indemnisation du préjudice né des suites du refus de concours de la force publique qui lui a été opposé. Par la présente requête, la société Logirep demande au tribunal de condamner l'Etat au versement de la somme de de 5 893,57 euros au titre du préjudice qu'elle estime avoir subi à la suite de ce refus de concours de la force publique entre le 1er décembre 2019 et le 30 septembre 2020.

2. Les requêtes enregistrées sous les n°s 2104997 et 2105003, présentées pour la société Logirep, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

3. Il ressort des pièces du dossier que le 16 novembre 2021, les parties ont conclu une transaction d'un montant de 5 745,34 euros en réparation de l'intégralité des préjudices liés à l'occupation des lieux sis 82 rue Paul Morin à Nanterre pour la période du 1er décembre 2019 au 30 septembre 2020. Par suite, les conclusions des requêtes 2104997 et 2105003 sont devenues sans objet.

4. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat, les sommes que Logirep demande au titre des frais qu'elle a exposé et non compris dans les dépens.

D E C I D E:

Article 1er : Il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions des requête n° 2104997 et n° 2105003.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes sont rejetés.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Logirep et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 13 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Edert, présidente,

Mme Chaufaux, première conseillère,

Mme Beauvironnet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2024.

La présidente-rapporteure,

signé

S. EdertL'assesseure la plus ancienne,

signé

E. Chaufaux

La greffière,

signé

S. Le Gueux

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. - 2105003