Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2214462

vendredi 14 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2214462
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre
Avocat requérantCABINET JURIS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par M. B, réfugié afghan, d’un recours en excès de pouvoir contre le refus du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) de lui délivrer une carte professionnelle d’agent privé de sécurité, au motif qu’il ne pouvait produire un extrait de casier judiciaire afghan. En cours d’instance, le CNAPS a finalement accordé la carte sollicitée. Le tribunal a constaté que les conclusions en annulation étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer. Il a toutefois condamné l’État à verser 1 000 euros à M. B au titre des frais de justice, sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 octobre 2022 et 12 octobre 2023, M. A B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 25 août 2022 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité a refusé de lui délivrer une carte professionnelle en qualité d'agent privé de sécurité ;

2°) d'enjoindre au directeur du conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer une carte professionnelle ;

3°) de mettre à la charge du conseil national des activités privées de sécurité une somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 461-1 du code de justice administrative ;

Il soutient que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'erreur de droit, dès lors qu'il ne peut, en tant que réfugié, produire un document équivalent à une copie du bulletin n° 3 de son casier judiciaire afghan.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 janvier 2025, le conseil national des activités privées de sécurité conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir que l'autorisation sollicitée a été accordée postérieurement à l'enregistrement de la requête.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Mettetal-Maxant, première conseillère ;

- et les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 25 août 2022, le directeur du conseil national des activités privées de sécurité a rejeté la demande de M. B, réfugié afghan bénéficiaire d'une protection internationale, de délivrance d'une carte professionnelle afin d'exercer les fonctions d'agent de protection physique des personnes, faute de pouvoir obtenir auprès des autorités afghanes un document équivalent au bulletin n°3 de son casier judiciaire. Par une décision n° CAR-IDF1-2024-05-30-A-00075129 du 30 mai 2024, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur du conseil national des activités privées de sécurité a délivré à M. B la carte professionnelle sollicitée. Dès lors, les conclusions de M. B tendant à l'annulation pour excès de pouvoir de la décision du 25 août 2022 sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer.

2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision du directeur du conseil national des activités privées de sécurité en date du 25 août 2022.

Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au conseil national des activités privées de sécurité.

Délibéré après l'audience du 31 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Buisson, président ;

Mme Mettetal-Maxant, première conseillère ;

Mme L'Hermine, première conseillère ;

Assistés de Mme Pradeau, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2025.

La rapporteure,

signé

A. Mettetal-Maxant

Le président,

signé

L. Buisson

La greffière,

signé

A. Pradeau

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.