Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2305450
mardi 17 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2305450 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 18 avril et 3 juillet 2023, Mme A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 13 octobre 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) des Hauts-de-Seine a, sur recours administratif, confirmé l'existence, à sa charge, d'un indu d'aide personnalisée au logement (APL) d'un montant de 4 750, 06 euros afférent à la période du 1er juillet 2014 au 31 août 2015 ;
2°) dire et juger qu'elle n'est coupable d'aucune fraude ou faux allocataire.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () ; 7º Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (). ". Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".
2. D'autre part, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement / 2° Les allocations de logement : / a) L'allocation de logement familiale ; / b) L'allocation de logement sociale ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement d'indu d'aide personnelle au logement en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré () Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations () ".
3. Lorsque le juge administratif est saisi d'un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu d'aide au logement, il entre dans son office d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
4. En premier lieu, il ressort de la décision attaquée que cette dernière comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est par suite suffisamment motivée, de sorte que le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté comme manifestement infondé.
5. En second lieu, il ressort des termes de cette même décision qu'en août 2010, Mme B a déposé une demande de revenu de solidarité active en se déclarant isolée et comme assumant seule la charge de ses trois enfants. Un contrôle sur place effectué par un agent de contrôle assermenté a conclu, en 2016, à une reprise de la vie commune avec son compagnon au moins depuis le mois de janvier 2013. Il est également apparu que Mme B n'assumait plus la charge de ses deux enfants, nés en 1998 et 2000, depuis 2015. La caisse d'allocations familiales en a déduit l'existence d'un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 4 750, 06 euros afférent à la période du 1er juillet 2014 au 31 août 2015. A l'appui de sa contestation du bien fondé de cet indu, Mme B soutient qu'elle s'est séparée de son compagnon en janvier 2013 mais que, ce dernier n'ayant pas de solution de relogement, elle l'a hébergé à son domicile de janvier 2013 à août 2015. Toutefois, la requérante reconnait ne pas avoir fait de démarches de changement d'adresse auprès de la caisse d'allocations familiales, de son employeur ou encore de la banque et explique cette circonstance par le fait qu'elle rencontrait de nombreuses difficultés à cette époque. Toutefois, et sans minimiser les difficultés alors rencontrées par la requérante, ces circonstances sont sans incidence sur le bien-fondé de l'indu en litige dès lors que, par elles, la requérante ne conteste pas sérieusement la communauté d'intérêts qui résulte notamment de l'adresse commune du couple auprès des différentes administrations publiques et de ce que son ex-compagnon était cotitulaire du bail de location et s'acquittait du loyer prélevé sur son compte bancaire ainsi que le relève la décision en litige. Si Mme B ajoute, non sans contradictions, avoir mené depuis janvier 2013, de nombreuses démarches auprès de la caisse d'allocations familiales pour demander la séparation de son dossier et de celui de son ex-compagnon et que ces demandes n'auraient pas été prises en compte, et surtout établit avoir quitté le domicile familial en raison des violences conjugales qu'elle y subissait en août 2015, ces circonstances sont, pour les premières, non établies et, pour les secondes, postérieures à la période à laquelle l'indu litigieux se rattache, et donc en tout état de cause sans incidence sur son bien-fondé.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B repose sur des moyens inopérants ou assortis de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien. Elle peut, par suite, être rejetée dans toutes ses conclusions sur le fondement des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Tarde et à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 17 décembre 2024.
La vice-présidente,
Signé
H. Lepetit-Collin
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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