Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2307200

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2307200
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par M. B d’un recours pour excès de pouvoir contre une décision du préfet du Val-d’Oise du 29 mars 2023 rejetant sa demande de regroupement familial pour son épouse, faute de ressources suffisantes. En cours d’instance, le préfet a pris une nouvelle décision le 18 août 2024 accordant le regroupement familial, rendant sans objet les conclusions en annulation et injonction. Le tribunal a donc constaté un non-lieu à statuer sur ces conclusions et rejeté la demande de frais d’instance. La décision se fonde sur les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 mai 2023, M. A B, représenté par Me Rizaoglu, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 29 mars 2023, par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui accorder le regroupement familial dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les articles L. 434-7 et R. 434-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 novembre 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer sur la requête en raison de sa décision du 18 août 2024, par laquelle il a accueilli favorablement la demande de regroupement familial de M. B au bénéfice son épouse.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Viain, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant turc né le 16 septembre 1989, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 14 octobre 2025, a sollicité, par une demande enregistrée le 19 juillet 2022, le regroupement familial au bénéfice de son épouse. Par une décision du 29 mars 2023, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande au motif qu'il ne justifiait pas de ressources suffisantes. M. B demande au tribunal l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions aux fin d'annulation et d'injonction :

2. Le préfet du Val-d'Oise, par une décision du 18 août 2024, a accueilli favorablement la demande de regroupement familial de M. B au bénéfice de son épouse. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais d'instance :

3. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de l'État sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 29 mars 2023 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté la demande de regroupement familial de M. B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Huon, président ;

M. Viain, premier conseiller ;

Mme Froc, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.

Le rapporteur,

signé

T. VIAIN

Le président,

signé

C. HUON

La greffière,

signé

A. TAINSA

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°23072003