Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2310704

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2310704
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B, ressortissant sri-lankais, qui contestait le refus du préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de résident "longue durée-UE". Le tribunal a écarté le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision. Il a jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que les ressources de M. B étaient insuffisantes et instables sur les cinq années précédant sa demande, en application de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 août 2023, M. D B, représenté par Me Ilanko, avocat, demande au Tribunal :

1°) d'annuler la décision du 9 juin 2023 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande tendant à la délivrance d'une carte de résident portant la mention " résident de longue durée - UE " ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une carte de résident dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de la renonciation de son conseil au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans le cas où cette aide serait accordée.

M. B soutient que la décision attaquée :

- a été prise par une autorité incompétente ;

- est entachée d'une erreur d'appréciation quant aux ressources prises en considération pour apprécier le caractère stable, régulier et suffisant de ses ressources au sens de l'article L. 423-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 octobre 2023, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Le préfet des Hauts-de-Seine fait valoir que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bergantz, conseillère ;

- et les observations de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant sri-lankais, a présenté au préfet des Hauts-de-Seine, le 28 mars 2023, une demande tendant à la délivrance d'une carte de résident portant la mention " résident de longue durée - UE " sur le fondement des dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 9 juin 2023, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté cette demande et a délivré à M. B une carte de séjour pluriannuelle d'une durée de quatre ans. M. B demande au Tribunal d'annuler cette décision, en tant qu'elle rejette sa demande de délivrance de carte de résident portant la mention " résident de longue durée - UE ".

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. La décision attaquée a été signée par Mme A C, adjointe au chef du bureau du séjour des étrangers de la direction des migrations et de l'intégration de la préfecture des Hauts-de-Seine, laquelle bénéficiait d'une délégation de signature à l'effet de signer les décisions portant refus de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour en vertu d'un arrêté n° 2023-039 du 5 mai 2019, publié le 9 mai suivant au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine, en cas d'absence ou d'empêchement de la directrice des migrations et de l'intégration et du chef du bureau du séjour des étrangers. Il n'est pas soutenu que ces derniers n'étaient ni absents ni empêchés à la date de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.

3. Aux termes de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui justifie d'une résidence régulière ininterrompue d'au moins cinq ans en France au titre d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident, de ressources stables, régulières et suffisantes pour subvenir à ses besoins et d'une assurance maladie se voit délivrer () une carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " d'une durée de dix ans () Les ressources mentionnées au premier alinéa doivent atteindre un montant au moins égal au salaire minimum de croissance. Sont prises en compte toutes les ressources propres du demandeur, indépendamment des prestations familiales et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ainsi qu'aux articles L. 5423-1, L. 5423-2 et L. 5423-3 du code du travail () ". Il résulte de ces dispositions que la délivrance de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " est notamment subordonnée au caractère stable et suffisant des ressources du demandeur durant les cinq années précédant la demande.

4. Pour refuser à M. B la carte de résident dont il demandait la délivrance, le préfet des Hauts-de-Seine s'est fondé sur la circonstance que ses ressources étaient insuffisantes, instables et/ou irrégulières sur les cinq années précédant sa demande, déposée le 28 mars 2023. Si M. B soutient que cette appréciation de ses ressources est erronée, il ne produit aucune pièce au soutien de ces allégations, tandis qu'il ressort des pièces versées à l'instance par le préfet des Hauts-de-Seine que les ressources de l'intéressé étaient inférieures au montant du salaire minimum de croissance en 2018, 2019 et 2020. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Val-d'Oise du 9 juin 2023. Par voie de conséquence, ses autres conclusions doivent également être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Kelfani, président, Mme Schneider, première conseillère, et Mme Bergantz, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.

La rapporteuse,

signé

A. BERGANTZ

Le président,

signé

K. KELFANI

Le greffier,

signé

D. HAUDE

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.