Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2312697
lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2312697 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Pole Social (JU) |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 20 septembre 2023 et 23 janvier 2024, Mme B A s'oppose à la contrainte émise le 11 septembre 2023 par la caisse d'allocations familiales de Paris en vue du recouvrement d'un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 200 euros.
Elle soutient que :
- elle n'a jamais reçu aucune somme d'argent de la caisse d'allocations familiales ;
- elle est étudiante et se trouve dans une situation financière précaire ;
- cette situation est anxiogène.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 mars 2024, la caisse d'allocations familiales de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lepetit-Collin, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction est intervenue après appel de l'affaire à l'audience en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le 11 septembre 2023, la caisse d'allocations familiales de Paris a émis, à l'encontre de Mme A, une contrainte en vue du recouvrement d'un indu d'allocation de logement sociale d'un montant de 200 euros. Par la présente requête, Mme A s'oppose à cette contrainte.
2. Aux termes, d'une part, de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement : a) L'allocation de logement familiale ; b) L'allocation de logement sociale () ". Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la construction et de l'habitation : " L'allocation de logement est versée, sur leur demande, au prêteur ou au bailleur. Le prêteur ou le bailleur déduit l'allocation du montant du loyer et des dépenses accessoires de logement ou de celui des charges de remboursement. Il porte cette déduction à la connaissance de l'allocataire. Il verse, le cas échéant, à l'allocataire la part de l'allocation de logement qui excède le montant du loyer et des charges récupérables. () ". Enfin aux termes de l'article R. 823-12 du même code : " Les aides personnelles au logement cessent d'être dues à partir du premier jour du mois civil au cours duquel les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies. () ".
3. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut () délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 133-3 de ce même code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner () une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la notification mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. / () / Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent () ".
4. En premier lieu, Mme A soutient qu'elle ne serait pas redevable de l'indu l'allocation de logement sociale litigieux dès lors qu'elle n'a jamais bénéficié d'aucun versement de la caisse d'allocations familiales et en veut pour preuve ses relevés de comptes. Il résulte toutefois que l'instruction qu'à sa demande, effectuée le 26 février 2020, Mme A a bénéficié de l'allocation de logement sociale pour un logement sis 1 rue Surcouf à Paris (7ème). Le bailleur de l'intéressée ayant signalé un départ du logement le 4 juillet 2020, les conditions d'ouverture des droits à l'allocation de logement sociale ont cessé d'être réunies, en application des dispositions de l'article R. 823-12 du code de la construction et de l'habitation précitées, au 1er juillet 2020 et un indu d'allocation de logement sociale de 200 euros est né pour la mensualité de juillet 2020. Si Mme A soutient ne pas avoir perçu cette somme, il résulte de l'instruction que cette somme a été versée à son bailleur en déduction de son loyer. Par suite, le moyen tiré de ce que Mme A n'aurait jamais perçu la somme litigieuse ne peut qu'être écarté.
5. En second lieu, si Mme A soutient qu'elle est étudiante et dans une situation financière précaire et anxiogène, ces moyens sont inopérants, un requérant ne pouvant, pour demander la décharge de l'obligation de payer résultant d'une contrainte, utilement se prévaloir que de moyens susceptibles d'avoir une incidence sur le principe, la quotité et sur l'exigibilité de la créance de la caisse d'allocations familiales.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
H. Lepetit-CollinLa greffière,
Signé
C. Mas
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2312697
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2618520
01/09/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2502745
01/09/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2604577
01/09/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2620197
01/09/2026