Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2315861
jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2315861 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 17 novembre et 14 décembre 2023, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 18 septembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine, sur recours administratif, a confirmé l'existence, à sa charge, d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année relatif aux années 2021 et 2022 d'un montant de 152, 45 euros par année ;
2°) de le rétablir dans ses droits depuis 2021 ;
3°) de condamner la caisse d'allocations familiales à lui verser la somme de 5 000 euros au titre de son préjudice moral et pour perte de moyen de survie.
Vu :
- la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () ; 7º Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (). ". Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".
2. D'autre part, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement / 2° Les allocations de logement : / a) L'allocation de logement familiale ; / b) L'allocation de logement sociale ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement d'indu d'aide personnelle au logement en vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré () ".
3. Lorsque le juge administratif est saisi d'un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, de prime d'activité ou d'aide exceptionnelle de fin d'année, il entre dans son office d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
4. Il ressort des pièces fournies par M. A que ce dernier, qui bénéficiait de l'aide personnalisée au logement au titre de sa résidence principale depuis le mois de février 2021, a fait l'objet d'une enquête menée le 3 janvier 2023 par un contrôleur assermenté de la caisse d'allocations familiales ayant permis de déterminer que M. A ne réglait pas personnellement son loyer, ce dernier s'acquittant de son paiement par un virement mensuel provenant du compte de la société dont il était le gérant égalitaire. Le montant du loyer ayant ainsi été retenu au titre de ressources complémentaires, ses droits au revenu de solidarité active ont été recalculés générant un indu pour les mois de novembre et décembre 2021 et 2022. En l'absence de droit au revenu de solidarité active pour ces mois, il a été considéré que l'intéressé ne pouvait davantage bénéficier de la prime de fin d'année.
5. A l'appui de sa requête, dont les termes sont souvent confus, M. A soutient que la caisse d'allocations familiales n'a pas tenu compte de ce qu'il réglait son loyer lui-même tous les mois, en espèces. Toutefois, les allégations de M. A ne sont pas même assorties d'un commencement de preuve. Le moyen n'est donc manifestement pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
6. Si M. A soutient également que la caisse d'allocations familiales ne lui aurait " jamais transmis le courrier des décisions pour qu'il exerce ses droits de recours ", ce moyen n'est pas davantage, et en tout état de cause, assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il attaque et à être rétabli dans ses droits. Ses conclusions à fin d'indemnisation ne peuvent, par voie de conséquence, qu'être rejetées également.
8. La requête de M. A peut donc être rejetée par application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la ministre du travail et de l'emploi.
Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales et au département du Val-d'Oise.
Fait à Cergy, le 10 octobre 2024.
La vice-présidente,
Signé
H. Lepetit-Collin
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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