Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2317368
vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2317368 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 décembre 2023, M. A B, représenté par Me Desfarges :
1°) demande au tribunal de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) forme opposition à la contrainte émise le 8 septembre 2023, signifiée par voie de commissaire de justice le 11 septembre 2023, par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) des Hauts-de-Seine lui réclame paiement de la somme totale de 757,35 euros correspondant à trois indus de prime exceptionnelle de fin d'année pour les années 2018, 2019 et 2020 pour la somme de 152,45 euros chacun et à deux indus d'aide exceptionnelle de solidarité pour les mois de septembre et avril 2020 pour la somme de 150 euros chacun ;
3°) demande au tribunal de le décharger du paiement de ces sommes ;
4°) à titre subsidiaire, demande au tribunal de lui accorder une remise totale de sa dette ;
5°) demande au tribunal de mettre à la charge de la CAF des Hauts-de-Seine la somme de 2 000 euros au bénéfice de son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 septembre 2024, la CAF des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative ;
- les autres pièces du dossier.
Vu
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de procédure civile.
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; ".
Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Et aux termes du second alinéa de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de cette loi : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau () ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier, y compris des pièces produites après que le tribunal a demandé au requérant d'attester du dépôt d'une demande d'aide juridictionnelle, qu'à la date à laquelle le présent tribunal statue, une demande d'aide juridictionnelle émanant de M. B ait été enregistrée. En outre, la situation de M. B ne relève pas de l'urgence justifiant qu'il soit admis à titre provisoire en l'absence du dépôt préalable d'une demande d'aide juridictionnelle. Par suite, la demande d'admission de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ne peut qu'être rejetée.
Sur les conclusions d'annulation :
4. Aux termes de L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement (). ". Aux termes du troisième alinéa de l'article R. 133-3 du même code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la notification mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. () Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou pour les débiteurs domiciliés à l'étranger, au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort de l'organisme créancier par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification. () ".
5. Sauf texte contraire, les délais de recours devant les juridictions administratives sont, en principe, des délais francs, leur premier jour étant le lendemain du jour de leur déclenchement et leur dernier jour étant le lendemain du jour de leur échéance, et les recours doivent être enregistrés au greffe de la juridiction avant l'expiration du délai. Toutefois, il résulte des dispositions précitées de l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale, applicables également au contentieux général de la sécurité sociale, qui relève des juridictions judiciaires, que, ainsi que cela est le cas devant ces juridictions en vertu des articles 642 et 668 du code de procédure civile, l'opposition à contrainte doit seulement être " adressée " à la juridiction compétente, c'est-à-dire expédiée en cas d'envoi postal, avant le terme du délai de quinze jours à compter de la signification de la contrainte, qui n'est pas un délai franc mais est seulement susceptible de prorogation jusqu'au premier jour ouvrable suivant s'il expire normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé.
6. Il ressort des pièces du dossier que la contrainte a été émise par le directeur de la CAF des Hauts-de-Seine le 8 septembre 2023, qu'elle comporte la mention des voies et délais de recours, qu'elle a été signifiée au requérant, par voie de de commissaire de justice le 11 septembre 2023. Dès lors, le délai de quinze jours prévu par l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale était largement expiré le 27 décembre 2023, date à laquelle la présente requête a été enregistrée au greffe du tribunal via l'application Télérecours. Par suite et comme l'oppose à bon droit la CAF des Hauts-de-Seine, le requête de M. B est tardive et est entachée, pour ce motif, d'une irrecevabilité manifeste au sens des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
Par ces motifs, le tribunal ordonne :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la ministre du travail et de l'emploi.
Copie en sera faite à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.
Fait à Cergy, le 18 octobre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. Monteagle
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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