Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2402381

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2402381
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a statué sur le recours de Mme C contre un indu de prime d'activité de 3 050,42 euros et une contrainte de la CAF du Val-d'Oise. En cours d'instance, la CAF a annulé cet indu, conduisant le tribunal à constater un non-lieu à statuer sur cette partie du litige. Pour le second indu de 260,24 euros, la requérante n'a soulevé que des faits manifestement insusceptibles de justifier son opposition, ce qui a entraîné le rejet de ses conclusions. La décision s'appuie sur les articles R. 222-1 du code de justice administrative et les dispositions du code de la sécurité sociale relatives à la prime d'activité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 février 2024 et 27 mars 2024, Mme A C née B :

1°) demande au tribunal l'annulation de la décision du 13 juin 2023 en tant que la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales (CAF) du Val-d'Oise a rejeté son recours préalable obligatoire du 12 janvier 2023, mettant à sa charge un indu de prime d'activité pour la somme de 3 050,42 euros, versée entre le 1er septembre 2020 et le 1er novembre 2021 ;

2°) forme opposition à la contrainte émise le 18 janvier 2024 par laquelle la CAF du Val-d'Oise lui réclame la somme totale de de 3 311,66 euros correspondant à deux indu de prime d'activité pour les sommes respectives de 260,24 euros, versée entre le 1er septembre 2021 et le 31 octobre 2021, et de 3 050,42 euros, versée entre le 1er septembre 2020 et le 1er novembre 2021.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2024, la CAF du Val-d'Oise conclut qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions d'annulation de la décision du 13 juin 2023 et au rejet du surplus de la requête.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ". Aux termes de l'article R. 772-6 du même code : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

2. Aux termes de l'article L. 841-1 du code de sécurité sociale, " La prime d'activité a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non-salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat. " Aux termes de l'article L. 842-3 de ce code : " La prime d'activité est égale à la différence entre :1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1° () ".

3. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'indu de prime d'activité de 3 051,42 euros concernant la période du 1er septembre 2020 au 30 novembre 2021 a été annulé par une décision du 28 août 2024 de la CAF du Val-d'Oise, intervenue en cours d'instance. Dès lors, les conclusions d'annulation de la décision du 13 juin 2023 ont perdu leur objet, de même que les conclusions à fin d'opposition à contrainte en tant que la contrainte poursuivait le recouvrement de cette somme. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur ces conclusions en application des dispositions du 3° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

4. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'indu de prime d'activité de 250,24, versée à tort pour les mois de septembre et octobre 2021 et dont la contrainte litigieuse poursuit également le recouvrement, résulte de l'application par la CAF du Val-d'Oise du forfait logement dans le calcul des ressources de Mme C. Cette dernière, qui a été mise à même de motiver sa requête en application des dispositions de l'article R. 776-2 du code de justice administrative, ne conteste aucunement le bien-fondé de ce motif, se bornant à indiquer que son fils n'a quitté le domicile familial que le 5 novembre 2021, circonstance sans incidence sur le calcul de ce second indu. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'indu ne serait pas fondé n'est assorti que de manifestement faits insusceptibles de venir à son soutien. Par suite, le surplus des conclusions de la requête de Mme C ne peut qu'être rejeté en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Par ces motifs, le tribunal ordonne:

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions d'annulation de la décision du 13 juin 2023 ainsi que sur les conclusions à fin d'opposition à contrainte en tant que la contrainte poursuit le recouvrement de l'indu de prime d'activité de 3 051,42 euros.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C née B et à la ministre du travail et de l'emploi.

Copie en sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 8 octobre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

M. Monteagle

La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision