Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2403187

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2403187
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par M. B d’un recours contestant la suspension du versement du RSA, de l’APL et de la prime d’activité par la CAF du Val-d’Oise. En cours d’instance, la CAF a établi que la suspension, initialement motivée par un refus d’entretien, avait été levée et que les droits de M. B avaient été régularisés avec versement des arriérés. Constatant que le litige avait perdu son objet, le tribunal, statuant par ordonnance sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, a prononcé un non-lieu à statuer sur l’ensemble des conclusions de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 février 2024, ainsi que des pièces complémentaires, enregistrées les 29 mars 2024, 7 avril 2024, 4 juillet 2024, 13 novembre 2024 et 14 novembre 2024, M. C B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) du Val-d'Oise a confirmé, sur recours administratif préalable, la décision du 8 novembre 2023 mettant fin au versement du revenu de solidarité active (RSA), de l'aide personnalisée au logement (APL) et de la prime d'activité à Mme D A, sa concubine, et à lui-même ;

2°) d'enjoindre au département du Val-d'Oise et la CAF du Val-d'Oise de rétablir le versement de l'APL, du RSA et de la prime d'activité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2024, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 8 novembre 2024 et 14 novembre 2024, la CAF du Val-d'Oise conclut qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête.

Vu :

- la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné Mme Monteagle, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours peuvent, par ordonnance : () / 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () ".

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne au bénéfice d'une allocations, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation ou à cette aide qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.

3. Par une décision du 8 novembre 2023, que M. B a contestée le 13 novembre 2023 en formant un recours préalable obligatoire, la CAF du Val-d'Oise a informé le requérant que le versement de toutes ses prestations était suspendu. Toutefois, la CAF établit que cette suspension était liée à un refus d'entretien de l'allocataire, que, depuis lors, un contrôle de la situation de M. B a pu avoir lieu qui a abouti à la levée de la suspension du versement des trois allocations en cause, en l'espèce le RSA, la prime d'activité et l'aide au logement et que les droits de M. B à ces prestations depuis le mois de novembre 2023 ont été régularisés en mars 2024 et juin 2024, les arriérés versés ayant permis d'apurer, par compensation immédiate, une partie de la dette de M. B. M. B, à qui ces éléments ont été communiqués, ne conteste pas que la requête ait ainsi perdu son objet compte tenu de l'office du juge rappelé au point 2.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B ainsi que, par voie de conséquence, sur ses conclusions à fin d'injonction, sur le fondement du 3° de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par ces motifs, le tribunal ordonne :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de M. B.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à la ministre du logement et de la rénovation urbaine et au département du Val-d'Oise.

Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales du Val-d'Oise.

Fait à Cergy, le 2 décembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

M. Monteagle

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine et au préfet du Val-d'Oise chacun en ce qui les concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.