Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2403430

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2403430
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par M. B A d’une requête contestant une saisie administrative à tiers détenteur émise pour recouvrer un indu de revenu de solidarité active. Le juge a rejeté la requête comme ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Il a rappelé que le contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales relève du juge de l’exécution, compétence judiciaire, et non du juge administratif. Par ailleurs, le requérant n’a pas contesté le bien-fondé de l’indu de manière suffisante, même après une demande de régularisation. Les textes appliqués sont les articles L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et L. 281 du livre des procédures fiscales.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 mars 2024, M. B A doit être regardé comme demandant l'annulation de la saisie administrative à tiers détenteur émise le 16 janvier 2024 par le centre des finances publiques du département des Hauts-de-Seine en vue du recouvrement d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 1 492, 50 euros afférent à la période du 1er juillet 2021 au 30 septembre 2021.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () ; 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () 7º Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (). ". Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

2. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / () / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. () "

3. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / () c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution ".

4. L'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales est de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.

5. M. A demande l'annulation de la saisie administrative à tiers détenteur émise le 16 janvier 2024 par le centre des finances publiques du département des Hauts-de-Seine en vue du recouvrement d'un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 1 492, 50 euros afférent à la période du 1er juillet 2021 au 30 septembre 2021. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents qu'il n'appartient toutefois qu'à la juridiction judiciaire de connaître de telles conclusions.

6. A supposer toutefois que M. A ait également entendu soutenir que cette saisie administrative à tiers détenteur aurait révélé une décision d'indu, il n'en demande, dans sa requête, aucunement l'annulation ni n'en conteste sérieusement le bien-fondé se bornant à indiquer qu'il aurait demandé, à de nombreuses reprises, des informations sur ce dossier, qu'il n'a jamais obtenu de réponse, qu'il ne dispose toujours pas des informations élémentaires qui lui permettraient de comprendre les raisons de l'émission de cet acte, alors que son état de santé est fragile et qu'il lui semble que le délai de deux ans n'a pas été respecté " encore qu'il n'en soit pas certain ".

7. Invité à motiver sa demande par courrier adressé par la juridiction le 10 juin 2024 via l'application Télérecours, invitation qui comportait les informations prévues par les dispositions de l'article R. 772-6 du code de justice administrative et dont l'intéressé a accusé réception le jour même à 16h31, M. A n'a produit aucun document, ni écriture complémentaire.

8. Il résulte de ce qui précède, et pour regrettable que soit l'absence de réponse apportée par l'administration aux demandes de M. A, que la requête de ce dernier doit être rejetée en application des dispositions précitées des 2° et 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie sera adressée à la paierie, à la caisse d'allocations familiales et au département des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 10 octobre 2024.

La vice-présidente,

Signé

H. Lepetit-Collin

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.