Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405459

vendredi 29 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2405459
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a été saisi par M. B et Mme A d’une requête en décharge de cotisations d’impôt sur le revenu pour 2020 et d’une demande de reconnaissance de responsabilité du service des impôts. L’administration fiscale ayant prononcé un dégrèvement total de l’imposition litigieuse, le tribunal a constaté, sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur les conclusions en décharge. S’agissant des conclusions indemnitaires, elles ont été rejetées comme manifestement irrecevables, faute pour les requérants d’avoir présenté une demande préalable à l’administration, en méconnaissance de l’article R. 421-1 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 avril 2024, M. C B et Mme D A doivent être regardés comme demandant au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations d'impôt sur le revenu auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2020 ;

2°) de reconnaître la responsabilité du service des impôts des particuliers de Boulogne-Billancourt " pour avoir ruiné [leur] crédibilité bancaire et attenté à [leur] honneur " ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 novembre 2024, le directeur départemental des Finances publiques du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions en décharge, en raison du dégrèvement total de l'imposition en litige, et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que :

- les conclusions tendant à engager la responsabilité du service des impôts de particuliers de Boulogne-Billancourt sont irrecevables dès lors que le requérant n'a pas présenté de demande indemnitaire auprès du service, préalablement à la saisine du tribunal ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. En premier lieu, par décision du 13 novembre 2024, ainsi postérieure à l'introduction de la requête, l'administration fiscale a prononcé le dégrèvement d'une somme de 21 036 euros, correspondant à la totalité des impositions en litige. En conséquence, les conclusions de

M. B et de Mme A tendant à la décharge de ces impositions sont devenues sans objet, de sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.

3. En second lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".

4. A supposer que M. B et Mme A, qui demandent que soit reconnue la responsabilité du service des impôts de particuliers de Boulogne-Billancourt, aient entendu solliciter la réparation du préjudice causé par une éventuelle faute de ce service, il n'est pas contesté qu'aucune demande préalable en ce sens n'a été présentée à l'administration. Par suite, de telles conclusions, au demeurant non chiffrées, sont, en tout état de cause, irrecevables et ne peuvent, pour ce motif, qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à la décharge des cotisations d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2020 présentées par M. B et Mme A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et Mme D A ainsi qu'au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Fait à Cergy-Pontoise, le 29 novembre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

signé

C. HUON

La République mande et ordonne au ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.