Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2405765

vendredi 29 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2405765
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme B, qui demandait l’annulation du rejet implicite de sa demande de titre de séjour. Le tribunal a constaté que le préfet du Val-d’Oise avait en réalité pris un arrêté de refus de séjour et d’obligation de quitter le territoire français, notifié le 21 décembre 2023. En application des articles L. 614-1 et L. 614-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le recours devait être formé dans les trente jours suivant cette notification. La requête, enregistrée le 22 avril 2024, était tardive et a donc été rejetée sur le fondement du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 avril 2024, Mme A B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme, qu'il appartiendra au tribunal de fixer en équité, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense du 21 octobre 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction, en faisant valoir qu'il a prononcé à l'encontre de l'intéressée un arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français en date du 18 décembre 2023, notifié le 21 décembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. () ". Aux termes de l'article L. 614-4 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que le pli recommandé contenant l'arrêté du 18 décembre 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a rejeté la demande de titre de séjour de Mme B, lui a fait obligation de quitter le territoire français avec un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé son pays de destination, a été présenté le 21 décembre 2023 à la dernière adresse indiquée par la requérante puis, après le délai de mise en instance a été retourné à la préfecture revêtu de la mention " pli avisé non réclamé ". Ainsi, cet arrêté, qui comportait l'indication des voies et délais de recours, doit être regardé comme ayant été régulièrement notifié le 21 décembre 2023. Dès lors, conformément aux dispositions précitées il appartenait à la requérante, qui ne saurait se prévaloir d'une décision implicite de rejet, de saisir le tribunal dans un délai de trente jours à compter de cette date. Dans ces conditions, la requête de Mme B qui n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 22 avril 2024, soit après l'expiration de ce délai, est tardive et ne peut, dès lors, qu'être rejetée comme entachée d'une irrecevabilité manifeste, en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Cergy-Pontoise, le 29 novembre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

signé

C. HUON

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.