Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2406714

lundi 28 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2406714
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B, qui contestait une décision de la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine ne lui accordant qu'une remise partielle de sa dette d'aide personnalisée au logement. Le juge a constaté que M. B n'avait apporté aucun commencement de preuve de sa bonne foi ni justifié de sa situation de précarité, malgré deux demandes de régularisation restées sans réponse. En application des articles R. 222-1 (7°) et R. 772-6 du code de justice administrative, la requête a été rejetée comme manifestement insuffisamment motivée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 mai 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler la décision en date du 7 mars 2024 par laquelle la caisse d'allocation département des Hauts-de-Seine ne lui a accordé qu'une remise partielle de sa dette d'aide personnalisée au logement d'un montant de 2 241,72 euros, laissant à sa charge une somme de 747,24 euros, et donc la remise totale de cette dette.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () ; 7º Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (). ". Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide sociale, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

3. Il ressort des termes de la décision attaquée que l'indu d'aide personnalisée au logement litigieux provient d'une déclaration tardive d'éléments relatifs à la situation du requérant. Si, eu égard aux termes de sa requête, M. B doit être regardé comme invoquant sa bonne foi dès lors qu'il soutient avoir transmis les informations litigieuses et que l'erreur " ne viendrait pas de lui ", il n'apporte aucun commencement de preuve à l'appui de ses allégations. Par ailleurs, en admettant même que la condition tenant à la bonne foi soit remplie en l'espèce, M. B ne justifie pas de la situation de précarité invoquée dans sa requête alors même qu'il y était invité par la demande de régularisation qui lui a été adressée par la juridiction le 23 mai 2024 qu'il a reçu le 1er juin 2024 et qu'une demande de pièces complémentaires lui a, de plus, été adressée, en ce sens, le 15 juillet 2024, demandes toutes deux restées sans réponse. Par suite, l'argumentation présentée par M. B doit être regardée comme n'étant manifestement pas assortie des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par M. B doit être rejetée en application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie sera adressée à la caisse d'allocations familiales des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy, le 28 octobre 2024,

La vice-présidente,

Signé

H. Lepetit-Collin

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.